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26/08/2010

Éducation

Intro

Les compétences transversales à la rescousse de la qualité du français chez les jeunes

L'école régulière, une nouvelle aventure pour fiston... et pour maman !

L'école des animaux, Montréal 2010 (Pour lire la fable en question, cliquer ici)

 

Voir aussi

Causes : Aimer son boulot, espérer et s’engager... inspirant ou dérangeant ?


23:55 Publié dans Éducation | Lien permanent | Commentaires (0)

Éducation : Intro

Parmi les dizaines de textes que j'ai envie d'écrire et pas l'occasion de rédiger (!), plusieurs traitent d'éducation. (J'ai aussi publié il y a deux ans sur ce blogue un billet dans la catégorie Causes qui se retrouvera maintenant dans cette nouvelle catégorie, Éducation.) Ce n'est pas surprenant : dans mes parcours personnels et professionnels, l'éducation a toujours été un fil conducteur déterminant.

Au primaire, j'étais emballée par l'école alternative que je fréquentais et j'aimais déjà partager mes réflexions à ce sujet - n'ai-je pas écrit à 11 ans ce que j'appelais un «livre» à l'époque – un texte d'une douzaine de pages intitulé L'école alternative - rien de moins ? C'est que j'y croyais tellement, à cette école où l'enfant aimait apprendre, était motivé, développait sons sens des responsabilités et son autonomie, cette école où l'on faisait confiance à l'intelligence de l'enfant !

Au secondaire, les ratés du système obligatoire chez les ados frustrés - tout comme les projets géniaux que nous faisaient vivre certains profs - ne me laissaient pas indifférente, loin de là. Rapidement, mon second cheval de bataille porta sur la culture générale. Dans les années '80, au Québec, il fallait avoir beaucoup de chance pour avoir à lire ne serait-ce qu'un roman issu de la littérature universelle – québécoise, française ou étrangère – pendant les cinq ans de l'école secondaire. Moi qui avait des amies européeennes, j'étais révoltée, en comparant leur formation à la mienne, de voir à quel point la culture générale était le parent pauvre de notre système scolaire. C'est qu'en Allemagne, Hollande, Espagne, mes amies apprenaient trois ou quatre langues, avaient des cours d'histoire et de géographie chaque année de leur scolarité et pouvaient discuter politique, philosophie et plus encore dès l'âge de 15 ans. Et ce, qu'elles étudient en sciences ou non !

Au Cégep, j'ai choisi le programme de lettres pour pouvoir me composer une formation de langues, littérature, cinéma et histoire de l'art tout en m'assurant de pouvoir suivre les quatre cours - Histoire, géographie, économie et politique - du programme de sciences humaines SENS cofondé par mon père (Sensibilisation aux échanges Nord-Sud) grâce aux cours optionnels. Je terminai ces deux ans d'études en Bolivie dans le cadre d'un stage qui a carrément changé ma vie, avouons-le !

À l'université, je me suis délectée pendant un an d'études au Mineur Arts et Sciences avec des cours d'espagnol avancé, de mythologie, de rédaction, d'histoire, allouette ! Puis, le même dilemme – lettres ? Sciences humaines ? Quoi choisir, quand on veut tout comprendre du monde et de la culture ? - s'est résolu lorsque j'ai découvert le programme d'enseignement au secondaire avec deux disciplines d'enseignement, une principale et une secondaire. J'allais faire d'une pierre trois coups : étudier la langue et la littérature française, et l'histoire, et devenir prof – donc changer le monde en amenant la culture générale dans ma classe, en y abordant les questions internationales, en engageant les élèves à devenir des citoyens engagés... J'avais tellement d'idées !

Quatre stages en enseignement et quatre années d'enseignement plus tard, le tout avec une passion et un enthousiasme débordant, c'était ma santé ou ma carrière. J'ai fait une pause. Laissé pour un temps ce métier dont les conditions de travail, chaque fois que j'y pense, m'aparraissent toujours aussi inacceptables. C'est tellement dommage...

La vie fait parfois bien les choses : alors que la rentrée 2002 se faisait sans moi, j'ai fait une liste des domaines où je pourrais faire valoir mes compétences de pédagogue, de citoyenne engagée et de communicatrice, j'ai cherché les offres d'emploi, envoyé des curriculum vitae... Dès octobre, on m'a convoqué en entrevue pour un poste au CLUB 2/3. Un examen d'anglais, un autre d'informatique, un autre d'espagnpol, une rédaction française, une entrevue en français et en espagnol, une rencontre en tête-à-tête avec le directeur : Bingo ! Je m'étais trouvé un emploi dans cet organisme dont j'aurais pu écrire la mission tant il ralliait mes valeurs, mes convictions ! Imaginez : j'allais pouvoir plonger passionnément dans des mandats qui mariaient mes deux passions, l'éducation et ls solidarité internationale. J'aurais un très petit salaire et la moitié des vacances d'une prof, mais cels importait peu. Ce fut le coup de foudre !!!

Après y avoir travaillé dans le secteur des 18-30 ans (je mettais en réseau des jeunes engagés du Québec et de l'Amérique latine et eut même la chance de faire un court séjour au Pérou, sans compter que j'encourageai la mise sur pied d'un projet magnifique qui circule aujourd'hui encore dans les écoles secondaires, Contrastes?), j'ai obtenu un poste de conseillère pédagogique dans l'équipe des 5-17 ans. En bref, ça voulait vraiment dire que mes années d'études en enseignement portaient leurs fruits, plus que jamais ! Qu'est-ce que je me suis éclatée d'août 2004 à décembre 2009 (avec une pause d'un an pour le congé de maternité de Léonard bien sûr) à participer à l'engagement des jeunes de 6 à 17 ans ! Voici un exemple de ce que l'équipe a “l'habitude” de réaliser ici... :)

J'écris ce billet alors que je suis en congé de maternité pour Philémon. Alors que j'étais enceinte de lui “jusqu'aux yeux”, j'ai passé une entrevue et ai obtenu un poste pour mon retour de congé, en janvier 2011. Je serai toujours dans le département de l'engagement du public chez Oxfam-Québec (depuis 2005, les deux organismes ont fusionné et le CLUB 2/3 est maintenant la Division jeunesse d'Oxfam-Québec), mais mon travail sera d'engager non pas les jeunes mais le grand public – oui oui, monsieur et madame tout-le-monde peuvent aussi mettre l'épaule à la roue pour construire un monde juste et sans pauvreté ! - et ce, entre autres à travers les magnifiques campagnes de mobilisation d'Oxfam. Je ne risque pas de m'ennuyer ! :) Surtout que j'aurai encore le plaisir de faire des formations, d'informer les gens, de les engager dans des tas de projets inspirants et motivants. Le fil conducteur “éducation” est toujours là.

On peut sortir la fille du milieu de l'éducation, on ne peut pas l'éducation de la fille !

Surtout maintenant que celle-ci est maman et a entrepris des voyages au pays de l'école et à celui, frontalier mais ô combien différent, des Centres de la petite enfance !

 

23:50 Publié dans Éducation | Lien permanent | Commentaires (2)

Éducation : Les compétences transversales à la rescousse de la qualité du français chez les jeunes

... Je suis passée à RDI (à Dominique Poirier en direct) le 6 février 2008; qui m’a vue ? :)

Et comme le vox pop portait sur la qualité du français dans les écoles, ça y est, je l’écris, ce texte dont j’avais déjà esquissé les premières lignes il y a peu !

Mon titre est provocateur ? Tant mieux !  Après tout, les journalistes de tout acabit – du plus crédible au plus sensationnaliste – utilisent les mots « compétences transversales » comme s’il s’agissait d’un concept hors de portée.  Depuis l’ahurissante sortie de Bernard Landry, Joseph Facal et Jean-François Lisée, je pourrais accoler au mot journalistes le mot politiciens – Landry ayant qualifié les compétences transversales de «mots à peine compréhensibles ! » (propos rapportés par Le Devoir du 30 janvier 2008).

J’ADORERAIS rencontrer ces trois bonhommes et leur poser une question toute simple : « êtes-vous d’accord pour que la qualité du français soit un critère de correction dans toutes les matières enseignées à l’école ? »

Bien sûr ?

Eh bien, c’est cela, une compétence transversale !  

Compétence : si l’objectif est que les jeunes écrivent dans un français de qualité, il faut qu’ils aient les compétences pour le faire (le transfert est le noeud du débat entourant la différence entre connaissance et compétence : bien des jeunes connaissent les règles du français écrit, mais ils n’arrivent pas à transférer ces connaissances en actes concrets quand ils écrivent; ils ne sont pas compétents.)

Transversale : il s’agit donc d’une compétence qui n’est pas cantonnée à une matière mais qui doit plutôt être développée dans l’ensemble des matières et de la vie scolaire.  Une des compétences transversales s'intitule justement « communiquer de façon appropriée ».

Est-ce si sorcier que ça ??? !!!  

J’étais pour ma part ravie lorsque j’ai su que la Réforme comporterait des compétences transversales à développer (en fait, j’étais ravie pour bien d’autres éléments de ce sacré Renouveau pédagogique). Entre autres parce que je percevais mon travail d’enseignante de façon très décloisonnée et que je sentais bien que les gens enfermaient plutôt les concepts dans des petites boîtes.  Dans ma pratique, je participais à des projets interdisciplinaires.  Et plus simplement, si je faisais lire un roman à mes élèves, je leur demandais aussi de travailler les aspects géographiques et historiques de l’œuvre !  Une anecdote à cet égard : les élèves lisent L’alchimiste de Paul Coehlo.  Je leur présente une carte muette de la Méditerranée pour qu’ils y tracent le périple du personnage principal, et leur réaction est de jeter la carte aux poubelle en me disant «  C’est pas un cours de géo ici ! »

Je ne dis pas que la Réforme n’a pas de talons d’Achille (elle en a, l’évaluation en premier lieu, et très certainement l'évaluation du français écrit), ni qu’elle n'a pas été « imposée » de la bonne façon (en fait, on a fait le contraire de ce qu’elle prône : plutôt que de permettre aux enseignants de se l’approprier, on la leur a enfoncée dans le gosier !).  

Par contre, la piètre qualité du français chez les jeunes ne s’explique pas par la Réforme mais bien par un ensemble de facteurs sociaux.  J’en aurais long à dire sur la culture du « non effort » qui règne chez les adolescents, sur le peu de soutien – et surtout le peu de stimulation – de la part des parents.  Dans les médias, dans quelle proportion valorise-t-on les intellectuels vs les « riches et célèbres » de ce monde ?  Le jour où j’avais annoncé à mes élèves que nous allions lire des poèmes du plus grand poète de l’histoire du Québec – Nelligan – la question a fusé de toutes parts dans la classe : « Y’é-tu riche ? »

Oui, j’en aurais long à dire sur ce que j’ai pu observer pendant mes 4 stages en enseignement au bac puis pendant les 4 années d’enseignement proprement dit.  

Hier, devant le micro et la caméra de RDI, au coin des rues St-Denis et Maisonneuve, j’y suis par contre allée au plus court, car je sais bien qu’ils ne gardent qu’une formule choc au montage : « Je suis enseignante et je vous assure que nous sommes très exigeants envers les élèves. De grâce, ne mettez pas ce problème sur le dos des enseignants ! »

Oui, je crois que je me sentirai toujours enseignante, et que je serai toujours solidaire de mes consoeurs et confrères. Ils font un travail tellement impossible et dévalorisé que, moi, je l’ai quitté (même si je le considère toujours le plus beau métier du monde) !

23:45 Publié dans Éducation | Lien permanent | Commentaires (3)

Éducation : L'école régulière, une nouvelle aventure pour fiston... et pour maman !

Classe_base_01.gifLéonard commence ces jours-ci la maternelle. Que d'excitation, d'émotions et... d'organisation !  J'espère d'ailleurs revenir vous raconter certains épisodes du début de cette saga; la scolarité d'un enfant, c'est tout un pan de vie !

Aujourd’hui, une semaine après le début des classes (et même dix dodos si on compte deux premières présences d’une heure et d’une heure et demi la semaine précédante), j’ai d’abord besoin de mettre ici en mots l’incroyable sentiment de nostalgie que je ressens au contact de cette école pourtant joyeuse. C’est que, plus je m’y frotte, et plus de délectables souvenirs de l’école alternative que j’ai fréquentée de septembre 1979 à juin 1986 remontent à la surface !  Il n’y a aucune commune mesure entre ce que mon fils vit déjà et ce que j’ai vécu. Mon coeur se serre à la seule lecture du site internet de « mon » école.  Non, Léonard ne pourra pas la fréquenter, nous n’habitons pas du tout le même territoire – ce n’est même pas la même commission scolaire !

Depuis dix jours déjà, question de me requinquer, je me répète les mêmes mantras. Mon premier : mon objectif principal, en cette année de maternelle, est qu’il s’amuse, qu’il ait des amis, qu’il revienne à la maison de bonne humeur !  Tout simplement ! Mon deuxième : la qualité de vie n’a pas de prix et une école à deux pas de la maison (et donc avec des amis qui habitent tout près), sur le chemin du métro, sise dans un bâtiment qui abrite aussi la garderie de Philémon… ça peut faire une grosse différence dans une vie de famille côté santé, énergie, bonne humeur justement.  Répète, répète, Marie ! (SOUPIRS !)

Mais qu’est-ce que je trouve difficile à apprivoiser, au juste ?

Je n’ai pas connu les rangs dans la cour d’école.  Nous arrivions en autobus, ouvrions la porte de l’école, montions l’escalier et allions dans notre classe.  Eh oui, les enfants savent faire cela !

Je n’ai pas connu d’horaire d’activités aussi contraignant (Léonard a une demi-heure pour répondre à telle consigne, une demi-heure pour jouer au gymnase, une demi-heure pour des jeux libres… tout est déterminé d’avance !)  Nous nous rencontrions en réunion de classe quatre fois par jour, nous avions une période de dîner, mais sinon, l’horaire de chaque enfant était déterminé autrement :

-          d’une part, par le tableau de la programmation, indiquant quels ateliers étaient donnés ce jour-là, par qui, où, avec quel matériel nécessaire, etc. – nous apprenions très vite ce qu’était l’engagement.  Un enfant s’était inscrit à un atelier de chimie pour une durée de huit semaines ? À l’heure dite, il fallait y aller ! Sans compter que, dès l’âge de 9 ans je crois, nous étions tenus d’offrir chaque mois un atelier aux autres et d’en être totalement responsable. Je me souviens avoir offert des ateliers pour apprendre à lire l’heure, pour apprendre des chorégraphies humoristiques, etc.;

-          d’autre part, par sa propre gestion de sa banque de projets individuels et en groupe, projets déterminés par les enfants eux-mêmes – après entente avec l’éducatrice lors des rencontres de programmation du jeudi après-midi;

-          finalement, par sa propre évaluation de ses besoins pour arriver à mener à bien ses différents engagements. Il était possible de sortir une demi-heure dehors pour ventiler si nécessaire, quand ça nous convenait – en prévenant l’éducatrice d’abord ! -, si nous avions démontré que nous étions assez responsables pour le faire (savoir lire l’heure et avoir une montre étant des prérequis !); il était aussi possible de fréquenter la Salle tranquille, ainsi nommée parce que, en plus d’être une bibliothèque, on y trouvait un coin de repos.

Je n’ai pas connu une vie de classe où le contenu est totalement déterminé par les adultes.

J’ai connu une école où l’enfant est considéré comme un être doté d’intelligence pouvant développer son  jugement, son autonomie, son sens des responsabilités. Nous gérions nos horaires, différents pour chacun; la réservation des locaux, l’achat du matériel, l’inscription aux ateliers (et la création d’une liste d’attente si nécessaire), faisions des copies pour chaque classe (3 en tout et pour tout !), travaillons parfois en grand groupe, parfois en petit, parfois seul(e) - dans tous les cas, dans un environnement multi-âges; nous étions responsables d’atteindre nos objectifs, de nous auto-évaluer, de nous lancer constamment de nouveaux défis, etc. Évidemment, les exigences tenaient compte des capacités de chaque enfant et modulaient en conséquence !

J’ai connu une école où l’enfant est considéré comme un être doté d’intelligence pouvant déployer sa créativité et tout son potentiel. Un enfant était passionné par l’Égypte ancienne ?  Il tentait de reproduire le Sphynx en blocs.  Une autre voulait dénoncer la violence dans le monde ?  Elle rédigeait un pamphlet et le publiait dans le journal des parents. Un autre voulait créer sa propre bande dessinée ?  Il la créait !

J’ai aussi connu une école où les enfants participaient aux réflexions et prises de décision concernant certains aspects de la vie de l’école.  Décidément, je devrai revenir raconter des anecdotes de mon primaire sur ce blogue, pour le plaisir mais aussi parce que ce serait trop long de tenter d’expliquer cette dernière affirmation ici !

C’est un exercice hasardeux que de résumer en quelques lignes la complexité et la finesse du fonctionnement de « mon » école, d’abord parce que c’est beaucoup trop complexe pour n’être que résumé, justement ! Ensuite, parce que cette école est constamment en train de s’ajuster, de modifier sa façon de faire, ce qui fait que ce que je décris peut seulement être considéré comme de vagues souvenirs personnels et non comme une decription exhaustive de ce qui s’y vit aujourd’hui – 24 ans après mon départ !!! (Notez aussi que chaque école alternative a un fonctionnement unique et que je ne voudrais absolument pas que ce billet soit perçu comme une explication de ce qu’est l’école alternative en général !)

C’est un exercice hasardeux, mais je tenais à m’exprimer ce soir sur cette nostaligie aiguë que je ressens ces jours-ci.  Les gens me disent que Léonard a peut-être besoin de cet encadrement (à mon avis, c’est plus qu’un encadrement… l’encadreur a peint la toile aussi !!!), mais je crois qu’il aurait autant – sinon plus – besoin d’apprendre à prendre des engagements et à les tenir, à gérer un horaire, à avoir des reponsabilités, etc. Et passionné comme il est, il ne s’ennuierait certainement pas dans une école comme « la mienne ».  Je le vois déjà concevoir un atlas des animaux, monter une pièce de théâtre, créer un costumier, etc. !

Mais bon, les choses qu’on ne connaît pas ne peuvent nous manquer, n’est-ce pas ? Il paraît qu’il y a beaucoup de fantaisie à son école – pas dans la classe, mais après : grosses kermesses, fêtes, etc. Il y avait déjà du djembé dans la cour la semaine dernière (on manque cruellement d’informations et je ne saurais vous dire si c’était des responsables de service de garde qui animaient une activité dirigée ou non).  Il y cultive déjà de belles amitiés et se délecte chaque jour du lunch que je lui prépare et que j’emballe soigneusement dans son sac à lunch arborant des animaux de la savane !  Lorsque je vais le chercher, ses deux poriorités sont de 1) commenter son repas, me montrer qu’il a presque tout mangé et exprimer le désir de manger le reste immédiatement en collation; 2) repartir jouer dans la cour. 

C’est bon signe, hein ???????????? 

23:40 Publié dans Éducation | Lien permanent | Commentaires (7)

Éducation : L'école des animaux, Montréal 2010

Connaissez-vous la fable – géniale ! - de L'École des animaux de George H. Reavis ne pas confondre avec La Ferme des animaux de Orwell, bien sûr !) ? Afin de réduire la longueur de mon billet, je vous invite chaleureusement à la lire ici.

J'ai cette fable en tête presque chaque jour depuis que nous sommes en mode adaptation à l'école régulière.

Il faut dire que le passage de la garderie à l'école se fait dans un virage en épingle digne des plus grands circuits de course automobile !

Je m'explique :

Dans les Centres de la petite enfance, et même dans la plupart des garderies privées, l'esprit dans lequel les éducatrices interviennent est clair : respecter le rythme de développement de chaque enfant. Nous sommes dans le monde du Ministère de la famille.

L'esprit de la Réforme, dans le monde du Ministère de l'éducation, se rapproche en théorie de cette vision des choses. Mais dans les faits, nos enfants mettent le pied en classe de maternelle (pour certains, ça se fait le lendemain du dernier jour de garderie !) et, tout de suite, on les jauge, la question centrale semblant être : dans quels domaines sont-ils en retard ? (Notez qu'on ne s'intéresse pas à savoir dans quel domaines ils sont en avance... J'y reviendrai plus bas...)

C'est ainsi que, trois semaines environ après le début des classes, l'enseignante de Léonard est venue me retrouver dans la cour d'école. Je ne répéterai pas tout ce qu'elle m'a dit ce jour-là, mais je peux vous en donner un bout : Léonard aurait des difficultés en découpage ainsi que dans la façon de tenir son crayon (aucun rapport avec le fait qu'il soit gaucher, m'a-t-elle rapidement précisé), deux habiletés préalables dans l'apprentissage de l'écriture. Elle a proposé que nous nous rencontrions, les deux parents seuls avec elle (j'étais allée à une rencontre de groupe avec Philémon dans le porte-bb, un soir... je pense qu'elle n'a pas apprécié. Je ne lui ai pas raconté notre casse-tête logistique des derniers temps... ). Ce que nous avons fait, bien sûr. Et acheté le livre d'exercices qu'elle nous a recommandé. Et mis les bouchées doubles dès la fin de semaine suivante (Jef, mon héros !)

Attends, Marie, qu'est-ce que tu racontes ? Tu ne nous parles tout de même pas de la rentrée de Léonard ??? Ce garçon qui utilisait déjà le passé simple pour raconter des histoires, avant ses 3 ans ? Ce garçon qui, à l'âge de 4 ans, s'est exclamé, en écoutant le film L'Ère de glace, que l'histoire devait se dérouler en France – déduction toute logique, lui qui se rappelait avoir entendu parler des grottes de Lascaux plusieurs mois auparavant ? Cet enfant qui dessine aussi des cartes du monde à main levée depuis qu'il a 4 ans et demi ? Dont la lettre de l'alphabet préférée est, expique-t-il, le L, car c'est la lettre de son prénom et de TROIS félins (lion, léopard, lynx !)– aucune autre lettre ne pouvant prétendre débuter autant de noms de félins, hein ?! Ce garçcon qui pose régulièrement des questions du type : “pourquoi y a-t-il plus de femmes que d'hommes sur la Terre ?” et “Que faire pour sauver les gens de la planète s'il y a un tremblement de terre ?” Est-ce vraiment un des protagonistes de la pub des Petits poulets, aussi ?

Celui-là même.

Lors de la rencontre avec l'enseignante, après 30 minutes, elle nous a rassurés; il a l'esprit vif, il est intelligent - “Je dis ça à tous les parents”, a-t-elle dit à la blague. Nous n'en avons jamais douté ! Nous avons toujours été si fiers de lui, de ses forces, tout en n'ayant jamais fermé les yeux sur ce qu'il semblait développer un peu moins vite.

Car bien sûr, nous savons depuis longtemps que la motricité n'est pas la force de notre aîné, même s'il bouge beaucoup. Il n'a pas trippé à faire du tricycle, il aime bien personnifier les ballons... en oeufs de dinosaures plutôt que de les lancer jusqu'à plus soif ! Nous avons toujours continué à lui faire vivre des expériences de motricité fine ET globale – randonnées, peinture, canot, légos – en tentant de valoriser les bons coups et de ne pas trop insister quand le coup de foudre, lui, n'y était pas. On se disait que, avec le garderie puis la prématernelle, le tout combiné à toutes les activités faites avec nous, il allait quand même apprendre, à son ryhtme. Ne dit-on pas aux parents des 0-5 ans que les enfants ne peuvent mener de front le développement de deux sphères ? Que celui qui marche tôt parle plus tard, et vice versa ? (Dernières expériences : Le P'tit marathon il y a quelques semaines– avec entrée au Stade ! - et cours de kung fu avec papa, chaque semaine.)

Et puis ce que nous avons pu observer dans la dernière année nous a confirmé qu'il ne servait à rien de forcer, que la motivation était la clé pour provoquer les déclics. Un exemple ? Alors que nous l'avions inscrit à un cours de natation l'automne dernier – moment privilgié de sortie avec maman tous les lundis soirs – il n'y a pas trouvé grand plaisir et a même passé la moitié du temps sur le banc. Puis, ce printemps, comprenant que son cousin et sa cousine savaient nager, il s'est mis à demander chaque jour d'aller à la piscine... pour passer en quelques minutes des bras de papa à des longueurs d'une piscine hors-terre avec de petits flotteurs aux bras ! J'avais appris dans mes cours de psycho-pédagogie que la motivation est le moteur de l'apprentissage... Absolument !

L'autre moteur, selon mon souvenir, est l'estime de soi. S'il est vrai que, plus on trouve une tâche difficile, moins on a envie de tenter de l'accomplir, plus on la déteste, moins on est bon, et plus on la trouve difficile, ainsi de suite (c'est l'argument de l'enseignante), il est vrai ausi qu'il n'y a rien comme de construire son estime de soi pour se sentir davantage d'attaque pour relever des défis. J'ai marqué de grands coups, dans ma courte carrière d'enseignante, en valorisant chaleureusement un(e) élève en soulignant une force laissée pour compte dans la sphère scolaire. Ainsi J-L était un virtuose de la langue parlée même si la langue écrite avait toujours été pour lui un boulet ; vous auriez dû le voir s'épanouir après que j'eus braqué les projecteurs sur son immense talent ! Quant à P, une autre décrocheuse potentielle, elle avait une intelligence interpersonnelle exceptionnelle; dans le cadre de la lecture d'un texte sur les diverses formes d'intelligence, je le lui fis remarquer... changement complet de rapport avec le cours, après ce simple compliment !

Or c'est maintenant ce qui me préoccupe un brin. Car toutes les forces de Léonard (et il en a !) ne semblent pas peser bien lourd dans la balance des interventions, pour le moment du moins. Alors que Jef racontait à l'enseignante les progrès de Léonard en motricité fine, en prenant comme exemple les légos (il est tellement motivé par ceux-ci – ceux de Star Wars en particulier – qu'il est passé de “papa fais-moi un vaisseau” à la construction complète d'un petit bolide en suivant lui-même le plan de montage de A à Z !), elle a rapidement balayé ses paroles du revers de la main : ça, c'est du 8 ans et plus. Information inintéressante, donc ? Parce que mon fils a 5 ans ?

D'où ce que j'énonce plus haut : je n'ai pas l'impression qu'on accorde autant d'importance aux domaines où l'enfant est en avance que ceux où il est en retard... Pour faire un parallèle avec L'École des animaux, tant pis pour le canard qui nage super bien; s'il a de la difficulté à courir, là, on s'intéresse à son cas !

Je ne voudrais surtout pas avoir l'air de me boucher les oreilles. Encore une fois, on va la travailler, la motricité. Mais en attendant, mon grand a un comportement survolté les soirs de semaine; pas sûre qu'il s'épanouit dans cet environnement. J'aimerais tant qu'il puisse aussi y puiser des sources de valorisation... Là, j'ai l'impression qu'on tente de voir comment il pourrait renter dans une case à la forme prédéterminée – vous savez, la scène célèbre d'Apollo 13 ? Je caricature, bien sûr. Tout n'est pas blanc ou noir.  La preuve, chaque enfant aura son moment de gloire cet automne avec une journée où il montre un dossier qu'il a préparé, "Je me présente".

Mais je trouve quand même que cette fable mérite qu'on s'y attarde, ne serait-ce qu'un peu...

 

Éducation : L'École des animaux de George H. Reavis

"Il était une fois des animaux qui s’avisèrent qu’il était temps de prendre les grands moyens pour résoudre les problèmes «d’un monde nouveau». Aussi décidèrent-ils de fonder une école.

Ils adoptèrent un programme d’études comprenant quatre matières : la course, la grimpée, la nage et le vol. Pour faciliter l’administration d’un tel programme, tous les animaux devaient suivre tous les cours.

Le canard était très fort en natation, était même meilleur nageur que son professeur, mais ses notes étaient à peine passables en vol et franchement mauvaises en course. Puisqu’il était lent en course, on le fit rester après l’école et on le força même à abandonner la natation pour qu’il puisse s’exercer à courir. Cela dura si longtemps que ses pattes palmées finirent par s’user et qu’il devint tout juste moyen en natation. Mais dans cette école on acceptait la moyenne, alors personne ne s’en inquiéta sauf le canard.

Le lapin était le meilleur coureur de sa classe, mais il fit une dépression nerveuse causée par tout le travail de rattrapage qu’on lui faisait faire en natation.

L’écureuil excellait à grimper mais son inaptitude à voler le frustrait terriblement. Il faut dire que ses professeurs, au lieu de le faire voler du haut en bas des arbres, le faisait partir d’en bas. À force de s’étirer pour prendre son envol, il s’est blessé à l’aine et ses notes ont baissé sous la moyenne en grimpée et en course.

L’aigle était un enfant difficile qu’il a fallu discipliner sévèrement. Au cours de grimpée, il était toujours le premier rendu au sommet des arbres, mais il s’obstinait à voler au lieu de grimper comme les autres.

À la fin de l’année scolaire, une anguille surdouée qui nageait exceptionnellement bien, qui pouvait aussi courir, grimper et voler un peu, obtint les meilleures notes et le prix d’excellence.

Le chien de prairie faisaient l’école buissonnière et s’opposaient au prélèvement de la taxe scolaire parce que l’administration refusait d’ajouter un cours de creusage et enfouissement au programme. Ils mirent leurs petits en apprentissage chez un blaireau et plus tard se joignirent à la marmotte et aux belettes avec qui ils fondèrent leur propre école privée.

Cette fable a-t-elle une morale?"

George H. Reavis

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