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Le NoctuArt

Intro

Léonard et NoctuArt : Chassés-croisés de tétées et de musique

NoctuArt : Chanter l’eau, en toute solidarité. 1re partie : Recherche d’un répertoire sur l’eau

NoctuArt : Chanter l’eau, en toute solidarité. 2e partie: Une ode africaine, gracieuseté d’un griot

Voir aussi :

Mariage : Intro

Léonard : Une bête de scène (sur la sienne et la nôtre !), une âme de metteur en scène

23:40 Publié dans NoctuArt | Lien permanent | Commentaires (0)

NoctuArt : intro

En septembre 2001, quelques amis passionnés de chant choral se sont retrouvés dans la cuisine de l’instigateur de cette idée folle (fonder un ensemble vocal composé de huit choristes – un octuor - autodirigé, autogéré !) pour rêver de projets musicaux. Cela signifiait de grands défis en perspective, mais aussi un éventail grisant de possibilités !

Six ans plus tard, malgré certaines embûches, je suis personnellement très fière des projets réalisés par le NoctuArt (merci à Gilles pour le site de l'Ensemble, qui permet entre autres de voir les affichettes conçues pour chaque concert et d'entendre des extraits de nos prestations).  

Non seulement chanter me procure un grand sentiment d’accomplissement – à la fois physique et artistique – mais ma contribution au comité Conception (choix des titres, thèmes, textes du programme de concert, etc.) me permet de laisser aller ma créativité.  Jef s’implique quant à lui dans le comité Musique (et/ou Répertoire).  

C’est aussi une joie, dans notre couple, de chanter soprano et basse, et notre petit Léonard non seulement en profite depuis la minute où il est né et où nous avons entonné une berceuse à 2 voix (ou plutôt à 3 car l’infirmière s’est joint à nous !) mais il tente déjà de chanter en harmonie avec nous !

22:35 Publié dans NoctuArt | Lien permanent | Commentaires (0)

Léonard et NoctuArt : Chassés-croisés de tétées et de musique

Devinez quoi... Léonard est tombé dans la marmite de potion musique quand il était petit !  Bien sûr, il n’est ni le premier ni le dernier enfant de chanteurs qui aura littéralement baigné dans la musique dès sa conception.  Mais j’avais envie de relater ici sa première présence à un concert de ses parents !

9e966852bbbe7338dd682254727396ec.jpgJuin 2005, donc.  Voilà 9 mois et demi que le NoctuArt prépare un concert d’œuvres de Schütz et de Monteverdi – 8 mois avec une soprano de plus en plus enceinte (en l’occurrence, moi !), puis 6 semaines avec une jeune maman allaitante aux traits - c’est le moins qu’on puisse dire - tirés (encore moi !).  Léonard a donc vécu de l’intérieur tous les préparatifs, puis de l’extérieur les dernières pratiques... dont certaines à l’église même !

5a3306054fda30f6c716042f77a70783.jpgMe voilà donc trônant au centre du chœur, allaitant Léonard, telle la Vierge et l’Enfant !  

... Ce que cette photo ne raconte pas, c’est que Léonard était aussi des nôtres le jour même du concert, intitulé Chassés-Croisés. Il a passé la première partie dans sa poussette placée dans l’allée, et la deuxième dans le jubé où mes parents lui ont préparé deux biberons plutôt qu’un... et ont même changé sa couche sur l’orgue !!!

... Son premier forfait repas-concert de sa vie, si on veut !

22:30 Publié dans NoctuArt | Lien permanent | Commentaires (3)

NoctuArt : Chanter l’eau, en toute solidarité (1re partie)

J’ai toujours perçu ce blogue comme une sorte de portfolio où je peux, au gré de mes envies (ou plutôt… au gré du temps et de l’énergie amoureusement conservés pour enfin me livrer avec bonheur à cet exercice), raconter un épisode de ma vie (mariage, voyages, parentage !). Ces temps-ci, je me sens plutôt en mode « états d’âme ». Sauf qu’il y a quelques jours, ma superbe amie-maman-chanteuse-blogueuse Anne-Lise Nadeau a lancé un appel sur Facebook pour rédiger un travail universitaire sur les griots (ces musiciens et conteurs au cœur de la transmission et de la vitalité culturelle en Afrique de l’Ouest); je me dis que c’est l’occasion ou jamais de raconter une expérience musicale extraordinaire vécue au sein du NoctuArt à l’automne 2003 !

1re partie : Recherche d’un répertoire sur l’eau

Printemps 2003, année internationale de l’eau. Dans le cadre de mon travail au CLUB 2/3, j’apprends que les JQSI (Journées québécoises de la coopération internationale), qui ont toujours lieu en novembre, porteront sur l’accès à l’eau dans les pays en voie de développement. J’ai soudain une grande idée que je partage illico avec mes comparses du Noctu : et si nous montions un répertoire choral inspiré d’œuvres du monde entier et traitant du thème de l’eau ? Et si nous offrions aux membres de l’AQOCI (Association québécoise des organismes de coopération internationale) d’interpréter ces œuvres lors des événements des JQSI ? La « conceptueuse » en moi va plus loin : pourquoi ne pas en profiter pour, chaque fois, faire découvrir à l’auditoire que le chant choral est déjà en soi un acte de solidarité, puisque l’œuvre chantée perd toute sa substance si une des quatre voix (soprano, alto, ténor ou basse) manque à l’appel ?

Idée acceptée par les membres du Noctu et accueillie avec enthousiasme par certains organismes de coopération internationale. Bonne idée, dis-je… mais quel défi à relever !

Je passe l’été à chercher sur Internet, parmi tous les sites de partitions téléchargeables, des œuvres à quatre voix portant sur l’eau. Idem dans les partithèques.

Je lance aussi des appels auprès de tous mes contacts artistiques dans le monde entier.

Ces recherches-là ne sont pas très fructueuses.

Il faut dire que le chant choral est un grand incompris (vous en parlerai à mes amis Nonctueux !). La plupart des gens ne comprennent pas ce que c’est que le chant en harmonie, à deux, trois ou quatre voix. Alors on me dit connaître des chansons, en me propose des titres… et je me retrouve devant des enregistrements de chansons interprétées par une seule personne (Je bois de l’eau de Michel Rivard en passant par Il pleut, bergère !). Mais des arrangements pour chœur ? Des partitions qui vont avec ? Kosséça ?

Je passe donc l’été à communiquer aussi directement avec des membres d’autres chœurs ayant déjà interprété des chansons portant sur l’eau - ce qui est en soi rarrissime - pour tenter d’obtenir des partitions. J’obtiens ainsi une version pour quatre voix des Eaux de mars (composée par Antonio Carlos Jobim du Brésil et réinterprétée par George Moustaki de France) en version bilingue français-portugais. Merci, Mille et un sons, qui a accepté d’échanger des partitions avec nous. On tient enfin quelque chose de beau !

Ensuite, quelqu’un met la main sur un gospel, Down by the river side. Le symbole de l’affranchissement de l’esclavage… superbe idée, énergisante à souhait !

La recherche se poursuit mais les énergies s’épuisent. C’est donc bien compliqué, dénicher ces perles rares de partitions-de-pièces-à-quatre-voix-du-monde-entier-sur-le-thème-de-l’eau, coudonc ! Pff !

Le répertoire de prédilection du Noctuart – les chants de la Renaissance – nous vient alors en aide. Nous mettons la main sur La terre, les eaux va buvant, un texte de Ronsard mis en musique par Costelay, et réécrivons carrément les paroles de la fameuse chanson à boire intitulée Tourdion !

Nous allons aussi fureter du côté de la musique traditionnelle. Pendant que les bateaux de Gilles Vigneault nous frappe au cœur (Jean-François s’écrie en lisant les paroles : il FAUT chanter du Vigneault dans le cadre de ce projet !); un talentueux membre du Noctu de l’époque, Raymond, en fera un superbe arrangement, poignant, à plusieurs voix. Et puis, À la claire fontaine à quatre voix, c’est très joli, et nous pourrons l’utiliser pour illustrer la solidarité entre les voix.

Fiou, on commence à avoir un petit répertoire qui se tient ! Trois langues, trois continents, quatre pays… Faut pas lâcher ! 

Mais une idée m’obsède. Il serait pour moi inconcevable de monter ce projet sans une œuvre africaine. Pour illustrer les défis de la population de ce continent aux prises avec des problèmes inimaginables d’accès à l’eau, mais aussi pour rendre hommage à la tradition musicale exceptionnelle de cette même population.

Marie relèvera-t-elle cet incroyable défi ? C’est ce que nous découvrirons dans le prochain épisode ! 

22:27 Publié dans NoctuArt | Lien permanent | Commentaires (0)

NoctuArt : Chanter l’eau, en toute solidarité (2e partie)

2e partie. Une ode africaine, gracieuseté d’un griot

(Pour lire la 1re partie, cliquer ici)

Oubliez les partitions de chants africains pour quatre voix; j’ai beau avoir souvent entendu des Africains entonner des hymnes à plusieurs voix dans une harmonie descendue tout droit du ciel, je n’en trouve aucune trace écrite sur du papier à musique. Nous sommes à deux mois de nos prestations; je VEUX trouver quelque chose !

Je téléphone à Afrique en mouvement et demande à parler à un professeur de chorale. On prend en note ma demande, une demande originale, je l’accorde. Surprise : un certain Ibrahim Diabaté (nom de famille illustre, au Mali, car c’en est un de griots !) me rappelle illico… et m’offre de composer une chanson pour le NoctuArt. Juste ça !

Entre temps, mon collègue et ami Nadim me raconte qu’il a vécu une expérience musicale exceptionnelle chez Afrique en mouvement : un prof, Iba, leur a fait chanter une pièce sur le thème de la paix et c’était, paraît-il, enlevant, émouvant, inspirant. Puis nous découvrons qu’Ibrahim et Iba forment une seule et même personne. Ça promet !

Première rencontre entre Ibrahim et le NoctuArt. Notre professeur invité est flamboyant : tout jeune, il s’est mis sur son 36 et nous l’accueillons avec chaleur. Il nous chante sa pièce sur la paix, nous chantons de petits morceaux de notre répertoire – un partage amical de nos réalisations, quoi. Puis, il sort sa composition, dont le texte en bambara est écrit sur une feuille, et nous chante son hymne à l’eau : Dji (« eau » en bambara, vous l’aurez deviné.) La pièce nous charme immédiatement; les notes, le rythme, l’intention, tout concourt à nous permettre d’imaginer ici couler l’eau en cascade, là entendre le martèlement des pas des femmes marchant quotidiennement des kilomètres pour aller chercher l’eau. Nous l’adoptons sur le champ, et Ibrahim nous l’apprend mot par mot, phrase par phrase (c’est en bambara, ne l’oublions pas !). Nous enregistrons toute la rencontre pour pouvoir travailler la pièce une fois qu’il ne sera plus là.

Une belle rencontre a eu lieu. Elle recèle cependant un défi interculturel imprévu !

C’est qu’Iba m’avait assuré qu’il allait composer une pièce à quatre voix. Je n’avais pas insisté sur la définition de la chose. Or, Dji est une pièce à une voix. Qui plus est, elle n’a pas été écrite sur des portées. Lorsque nous réécoutons l’enregistrement de la soirée passée avec lui, nous nous apercevons que nous ne sommes pas partis une seule fois sur la même tonalité. Plus étonnant encore : entre la première version chantée par Ibrahim en début de rencontre et celle que nous avons appris à chanter avec lui, la mélodie diffère parfois. Nous avons voulu interpréter une chanson africaine ? Nous voici avec une œuvre magnifique entre les mains… et tout un défi musical à relever !

Pour les néophytes du chant choral et de la musique classique occidentale, je vous explique brièvement : à part la musique de tradition orale et certaines chansons modernes, en Occident, la musique est un art, soit, mais un art mathématique. Les pièces sont à deux, trois, quatre temps, etc.; ces temps sont indiqués en début de portée et celle-ci est découpée en mesures, chaque mesure, jusqu’à identification contraire, contenant le même nombre de temps; la tonalité est donnée dès le début, et on s’y tient. Etc.

En chant choral comme pour les œuvres orchestrales, ces détails sont importants, afin que naisse de ces multiples joueurs qui se mettent ensemble une harmonie de notes sans décalage rythmique !

Quand on s’y arrête, on voit que notre musique est à l’image d’un mode de pensée central de notre civilisation – ne sommes-nous pas d’abord et avant tout, même si parfois on l’ignore soi-même, des cartésiens ?! Or les NoctuArtistes perdent tout repère devant une œuvre issue d’une tradition orale immémoriale, soit, mais basée aussi sur une approche plus spontanée et mouvante de la musique. Pour pouvoir, à quatre voix, l’interpréter, nous allons donc l’adapter aux exigences d’une partition occidentale.

Heureusement que Raymond (celui qui a arrangé Pendant que les bateaux de Gilles Vigneault) est là. Il nous concocte une œuvre la plus près possible de la version que nous avons apprise pas à pas avec Ibrahim, mais à quatre voix, avec des entrées fuguées, des appels et des réponses, des phrases modulées… Les allusions à la pluie, les pas des femmes, etc, sont toujours aussi belles. C’est Dji, revisitée par le NoctuArt !

Nous avons réinvité Iba pour qu’il puisse entendre notre version de Dji. Sa réaction a été très chaleureuse. Je ne sais pas s’il a vraiment aimé. Comme je ne sais pas à quel point mes comparses du NoctuArt étaient très à l’aise avec ce qu’il nous avait à prime abord proposé. C’est un peu ça (et beaucoup plus), l’interculturel !

Ce dont je suis sûre, c’est que la pièce a plu aux auditoires lors de nos prestations de novembre 2003 au café Le Va-et-Vient (invitation d’Oxfam-Québec dans le cadre d’une exposition de photos), à l’Entraide missionnaire dans le cadre d’une conférence sur l’Amazonie brésilienne, et à la Biosphère dans le cadre du dévoilement des murales du beau projet Des idées aux murs, des idéaux mûrs, piloté par le CLUB 2/3 et coordonné… par ce cher ami Nadim dont j’ai parlé plus haut ! Iba a pris la parole devant les jeunes à la Biosphère et son discours sur l’accès à l’eau en Afrique nous a tous profondément émus. Si vous saviez comme je suis triste de ne retrouver aucune photo de cet événement, et plus encore, d’avoir perdu la trace de ce musicien exceptionnel !

En mai 2004, nous avons de nouveau présenté notre répertoire sur l’eau à l’église de la Visitation lors de notre concert annuel, intitulé cette année-là Il était une foi… l’eau; en deuxième partie, nous avons offert à notre public une messe musicale à travers les âges. Un autre projet de fous, bien inspirant. Mais ça, c’est une autre histoire ! :)

N.B. Euh... je ne trouve pas d'enregistrement de la chanson en question non plus... Mais ça valait le coup de raconter son histoire !

22:20 Publié dans NoctuArt | Lien permanent | Commentaires (3)