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Confit de cultures

Intro

Chapeau pour ton Bal, Félix !

Tristes tropiques à l'Underground Café

Les cerfs-volants des enfants de la Résistance

Le jeu de la madeleine avec la sauce à spaghetti aux côtelettes de porc de Michel Tremblay

Trois coups de cœur musicaux en famille

Lire Paris à travers les yeux des étrangers

Voir aussi

 

Catégorie : NoctuArt

Bonheurs : La dame dans le souk avec un fils et une vie bien remplie

Voyages : Ma tête dans le Mur de Berlin

Projets : Une cabane dans l’arbre à la manière de Shilvi et Popo

Voyages : 24 heures en folie du Pérou à la Bolivie

Voyages : Delphes, de l’enthousiasme à l’effroi en passant par l’enchantement

Bonheurs : 16 910 tatas au zoo, pour le meilleur et pour le pire

Bonheurs : Le scout, Ding et Dong et l’escargot

 

Bonheurs : Ce n’est qu’un Au revoir, Mile End

 

Parentitude : Enfance et existence

Mariage : Histoire d'un menu... osé !

Causes : Des piqûres de moustiques mortelles, une injustice géo-économique

Cultures : Intro

Depuis que j’ai créé ce blogue, il m’arrive de vouloir parler de mes coups de coeur culturels : une chanson, un livre, un disque, un spectacle...  sans trop savoir dans quelle catégorie les publier.  (Il en est ainsi de Bonheurs : Chapeau pour ton Bal, Félix ! que je vais rediriger ici !)  

Il m’a donc semblé important de créer une catégorie culturelle, moi qui suis une passionnée de musique, littérature, cinéma, et plus encore.

Quant au titre Confit de cultures...  J’avais envie de jouer avec l’expression « la culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étend ».  Suis-je de celles qui étendent le peu de culture qu’elles ont ?  Étaler peut-être pas, mais partager mes découvertes avec enthousiasme, certainement !

 

Cultures : Chapeau pour ton Bal, Félix !

51c970830c3dc7fbb70119c4bc89df92.jpg Je connais la chanson Le Bal de Félix Leclerc depuis que je suis toute petite; ma mère faisait très souvent jouer le magnifique disque où Monique Leyrac interprète ses chansons.  Mais depuis quelques mois, Jef et moi sommes véritablement tombés amoureux du texte, que nous avons pris le temps de déguster, savourer !

Pourtant, nous avions aussi depuis des années un disque des chansons de Félix, dont le Bal. Oui, c’était une belle chanson à trois temps, et après ?  Il a fallu que nous offrions à Léonard un énième livre-disque de la Montagne secrète (cette étiquette propose des livres-disques pour enfants - et adultes ! - dont les concepts, illustrations, interprétations, sont ma-gni-fi-ques), Chapeau ! Félix, pour redécouvrir ce texte admirable.  Bon, je vous dirai qu’il y est selon moi massacré par une Mara Tremblay à la voix nasillarde et au ton plaintif; raison de plus pour que je prenne la peine d’écrire les paroles ci-dessous – elles survivent à cette interprétation tant elles font rêver ! :

Cette nuit dans mon sommeil
Je t'ai enlevée de ta tour
J'avais dérobé l'soleil
Pour que jamais n'vienne le jour
Nous courions dans les prairies
Tes rubans volaient au vent
Nous avons bu dans nos mains
A la source du matin

A la porte d'un château
Nous sommes entrés sans frapper
Des lutins tambours au dos
Nous attendaient pour danser
Sous une lune d'opale
Nous avons ouvert le bal
Moi qui ai jamais su danser
J'ai dansé à perdre pied

Puis rendus à l'horizon
De beaux anges à cheveux longs
Ont avancé un nuage
Et nous ont poussé au large
On voyait d'en haut la terre
Toute noire, pleine de misère
Toi tu as dit: " C'est nos frères
Redonnons-leur la lumière ! "

Donc nous sommes redescendus
Puisque le soleil je l'avais
A la foule je t'ai rendue
Et le matin s'est refait
J'ai la promesse des anges
Qu'après le jug'ment dernier
On r'prendra ce bal étrange
Et pour toute l'éternité
 

Une telle beauté, ça me donne envie d’apprendre à peindre une toile, à dessiner une BD, à réaliser une murale, inspirées de ce texte.  Je décorerais une chambre d’enfant avec les images et émotions qu’elle me fait vivre, si j’en avais le talent !

Chapeau ! pour ton Bal, Félix !  

P.S. L’image est tirée du livre-disque; elle provient d’un film, Félix Leclerc chante Cadet Rousselle, produit par l’ONF et présentant cette chanson mise en illustrations par Jean Dallaire.  Si elle paraît un peu froissée, c’est qu’un petit garçon a beaucoup « feuilleté » le livre en question J.  Quant aux paroles, je les ai trouvées sur www.paroles.net/chansons.

 

Cultures : Tristes tropiques à l’Underground Café

1889013689.jpgIl y a six jours, mon grand ami Gilles m’emmenait voir un spectacle coup de poing dont je m’étais promis de parler ici.  Je n’aurais pas pu deviner que le jour (4 avril 2008) où je prendrais le clavier pour le faire, quatre manifestants seraient tués en Haïti pendant une manifestation dénonçant la pauvreté dans ce magnifique pays, le plus pauvre des Amériques...  

Dire que Gilles m’a toujours admirée pour mes talents lorsqu’il s’agit d’offrir des cadeaux !  Il a frappé dans le mille en m’offrant d’aller voir à la TOHU le Starmania de Berger-Plamondon revisité par la troupe de Port-au-Prince Haïti en scène.

Les textes étaient toujours aussi poignants. Le champ lexical des astres toujours aussi présent (les étoiles, la lune, la voie lactée, le ciel, une aurore boréale ...). Les personnages toujours aussi obsédés par le soleil disparu.  Les artistes sur scène nous ont bouleversés du début à la fin par leurs voix, leur énergie, leur présence, leur talent.   

Un Monopolis tropical ?  Eh oui ! En plus de certains rythmes antillais, certains refrains et même certaines chansons au complet étaient entonnés en créole (on n’a rien perdu si tomates ne rime plus avec automates, si ?!), en particulier Les Uns contre les autres. Pendant cette chanson, Marie-Jeanne accusait le coup de voir son Ziggy avec un amant. Des couples s’enlaçaient un peu partout pendant que le narrateur Roger-Roger, tel un pendu, montait vers le plafond... Mais c’est la phrase « L’Occident ferme ses frontières » qui a retenti le plus fort à mes oreilles.  J’ai pu comprendre que Luck Merville ait fait des pieds et des mains pour faire venir la troupe à Montréal, lui qui racontait avoir toujours chanté les Sans-papiers de Notre-Dame de Paris en regardant droit dans les yeux les spectateurs assis aux premières loges à Paris...

Je ne sais si j’ai envie de rire ou de pleurer quand je pense à ces jeunes artistes vivant dans les pires conditions de vie qui soient – à Cité-Soleil, un bidonville pas comme les autres (tiens, quel paradoxe, ce soleil impitoyable est toujours là !) – ces jeunes artistes, dis-je, qui ont monté ce spectacle avec tellement de fougue.

En fait, je ris.  Là où je travaille, on apprend à s’émerveiller du talent, de la ténacité, de la débrouillardise, de la créativité des jeunes des pays en voie de développement.  Exit la condescendance, bonjour l’estime. De toutes façons, à la fin de ce spectacle, il ne peut rester que l’admiration.

BRAVO !!!!!!

N.B. Mon titre fait allusion à ce livre...  

 

Cultures : Les cerfs-volants des enfants de la Résistance

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Il y a parfois des livres qui viennent à notre rencontre.  Il en va ainsi des Cerfs-volants de Romain Gary et des Enfants de la Liberté de Marc Lévy, deux romans qui se sont présentés à moi cet hiver (2008) par des détours heureux. Est-ce parce qu’ils ont senti ma fibre de résistante qui ne demandait qu’à vibrer une fois de plus aux côtés de jeunes héros prêts à tout pour résister à la Barbarie  ?  

À la fin janvier 2008, je découvre que je suis synesthète, grâce au commentaire d’une lectrice de mon blogue (merci pimpim !).  Je raconte ma découverte à la gang du Noctuart, en soulignant les parallèles que je perçois entre ma  faculté de voir le temps et ma mémoire éléphantesque.  Une de nos deux super altos me dit alors : « ah oui ?  Tu as une mémoire historique, comme les Fleury dans Les Cerfs-volants de Romain Gary ? »  Une mémoire historique ?  Romain Gary ?  Il n’en fallait pas plus pour que je lise ce roman !

Quelques semaines plus tard, je passe par le métro Mont-Royal et décide de tenter ma chance au magasin de livres usagés l’Échange. Qui sait si je ne dénicherai pas un bon bouquin… Je vois la couverture de ce best-seller de Lévy et me dis : pourquoi pas ?  On dirait q’il me fait de l’œil, ce livre !  Étrange, car j’ai lu des critiques, j’ai vu le livre moult fois sur les tablettes, et jamais auparavant je n’avais eu envie de le lire.  Cette fois-ci, c’est différent.

Dans les deux romans, des jeunes ados (qui n’ont d’adolescents que l’âge, en fait !) se joignent à Résistance. 

Dans les Cerfs-volants, Ludo raconte d’abord longuement et pour notre plus grand bonheur sa vie en Normandie avec son oncle un peu fêlé, qui fabrique des cerfs-volants surprenants - une des meilleurs idées romanesques que j’aie rencontrées dans ma vie –, et avec  son voisin qui tient le meilleur resto de France, le Clos-joli (je me demande depuis si ce resto existe vraiment ?!). Il raconte ensuite son coup de foudre pour une jolie polonaise, et j’ai eu le temps de me demander s’il ne s’agissait pas de relents de l’espèce d’adulation naïve à la limite de la misogynie de Boris Vian, dont les héros tombent amoureux de filles dont ils n’ont aperçu qu’un mollet… Mais bon, je m’égare.  Tout ça pour dire qu’on sait dès le début que ces années bénies seront suivies des sombres années d’occupation allemande où de jeunes fermiers sont fusillés au détour d’un chemin de gravier pour avoir porté des messages à la Résistance.  J ’allais vous raconter la suite, mais le livre est trop bon, je ne peux pas lui faire ça. 

Dans Les Enfants de la Liberté, Marc Lévy rend hommage à son papa et à tous ces jeunes immigrés qui n’ont pas hésité à entrer dans l’anonymat, à faire exploser des locomotives chauffées à blanc, à risquer leur vie chaque jour, pour la France.  Première fois que j’entends parler de jeunes résistants étrangers qui baragouinent parfois à peine le français !  Et vlan dans les dents pour l’extrême-droite !  Chaque action menée par ces jeunes est dure à lire, dure à imaginer.  Et leur calvaire ne fait que commencer.  Heureusement qu’on leur rend ainsi hommage !  C’est un roman attendrissant et profondément humain.

J’avais 13 ans quand j’ai vraiment été confrontée à la Deuxième guerre mondiale, l’occupation allemande, la Résistance et la Shoah (en fait, plus petite, j’avais bien vu un extrait du film Au nom de tous les miens, mais je n’avais pas les clés pour comprendre.  J’étais horrifiée ET sans ressources pour m’y retrouver).  C’est en lisant Anne Frank que j’ai d’abord été happée par cette Histoire.  Depuis, je ne m’en remets pas.  C’était pire, adolescente ; la nuit mes cauchemars se déroulaient à Treblinka, Dachau ou Sobibor.

Je ne saurai peut-être jamais pourquoi cette période de l’histoire m’interpelle autant : quand j’entends une sirène, je cherche l’abri ; les bruits de bottes me glacent le sang ; mon cœur se serre parfois quand je vois un train au loin dans la campagne ; je ne supporte pas les mots Arbeit ni schnell, en allemand. Une de mes seules hypothèses repose sur la réincarnation, et je n’en sais vraiment trop rien. Ce que je sais, c’est que je me sens résistante. Indignée et résistante.  Je me permets de dire cela parce que Lucie Aubrac, une résistante célèbre, répète aux jeunes qu’elle rencontre : « si vous avez  déjà dit « c’est injuste », c’est que vous êtes résistant ! ».  Petite, j’étais bien trop bouleversée par les Résistants de l’émission de télé V - Les Visiteurs (ne riez pas !  Je sentais l’urgence d’agir… ce n’était qu’une mauvaise fiction, mais moi je sentais que c’était crucial).  Jeune adulte, on m’a fait découvrir les trois premiers Star Wars (épisodes 4, 5 et 6) et j’ai ressenti la même chose pour les Rebelles.  Voilà.  C’est comme cela.  Et devant les nouvelles de la crise alimentaire actuelle dans le monde, mon cœur bondit de nouveau dans ma poitrine.  C’est injuste.  C’est barbare.  Indignons-nous ! Résistons !

P.S. Dire qu’un autre roman qui m’a happée, en janvier 2006 cette fois, c’est Les Cerfs-volants de Kaboul...

P.P.S. Sur la photo, mon chum et mon fils jouent au cerf-volant.  Je leur souhaite de toute mon âme qu’ils ne connaissent jamais la guerre et sa barbarie.

Cultures : Le jeu de la madeleine avec la sauce à spaghetti aux côtelettes de porc de Michel Tremblay

325956662.gifTarzile, une de mes culinoblogueuses préférées, nous fait découvrir un jeu lancé par une autre trippeuse de bouffe vivant en Martinique, Claudia de Cuisine Framboise.

Le défi : proposer une recette qu’on a découverte dans un roman afin de constituer une bibliothèque gourmande. Ça c’est cool !  J’embarque ! !  À mon avis, le livre qui atteint des sommets en la matière a inspiré le délirant film mexicain Como agua para chocolate (allez vous louer ça le plus vite possible !!! Le réalisme magique d’Amérique latine à son meilleur !) – non seulement chaque chapitre du livre commence par une recette, mais en plus il s’agit d’une fille qui transmet ses émotions à ses convives à travers les plats qu’elle cuisine.  GÉNIAL !

Justement, saviez-vous que Michel Tremblay, mon auteur québécois fétiche, a déjà dit en entrevue que le réalisme magique avait joué un rôle important dans son œuvre ?  Du personnage qui mange de la terre et finit par être emporté par le vent dans Cent ans de solitude de Garcia Marquez aux fantômes qui tricotent des vies dans Les Chroniques du Plateau Mont-Royal, il y a parenté en effet !

Une des milliers choses que j’aime dans l’oeuvre de Tremblay, c’est l’intertextualité.  D’une œuvre à l’autre, on retrouve un personnage, un coin de rue, une anecdote, et si on prend le temps de tout lier, on arrive à la création d’un monde cohérent et délirant à la fois !  Une recette peuple d’ailleurs ses livres, celle de la sauce à spaghetti aux côtelettes de porc. Je n’ai pas pris le temps de chercher toutes les occurrences, mais j’ai au moins retrouvé LA description du plat aux pages 239-240 des Douze coups de théâtre (Babel, Leméac/Actes Sud, 1992) tel que mitonné par les femmes de sa famille.

En voici des extraits : « ... pendant que frémit la base de tomates, d’ail et d’herbes, elles font revenir les côtelettes de porc dans une poêle à part.  Quand les côtelettes commencent à dorer, elles les jettent tout simplement dans la sauce et laissent mijoter pendant des heures et des heures.  (...) Pour manger tout ça, il suffit de verser sur une assiettée de « spaghetti plat » - c’est ainsi qu’on appelle les linguine dans ma famille – de retirer les os dont la chair s’est complètement détachée, de les poser dans une assiette au milieu de la table. (...) Ça goûte fort l’ail, le fromage romano (...) et même un peu d’huile d’olive... »

J’étais excitée comme une puce le jour où Michel Tremblay a été invité à l’émission À la di Stasio car je me doutais bien qu’il y ferait la recette – ce qu’il n’a pas manqué de faire, hourrah ! Nous l’avons ensuite essayée à la maison et c’était délicieux, quoique, lorsque je la referai, je prendrai soin d’enlever le plus de gras possible des côtelettes avant la cuisson et même d’enlever le gras figé sur le dessus du plat le lendemain (c’est connu, les plats mijotés sont meilleurs réchauffés).

Voilà, tout ceci pour participer au jeu de la madeleine (vous aurez tous deviné l’allusion à la madeleine de Proust... Ces réminiscences que les gens confondent parfois avec la synesthésie !  Sauf que tout le monde peut évoquer des souvenirs en goûtant ou humant alors que la synesthésie, c’est une tout autre histoire !).

Merci Tarzile et Claudia pour m’avoir donné l'envie de participer !

Cultures : Trois coups de cœur musicaux en famille

Automne 2009 - Hiver 2010. Fin de grossesse, puis premières semaines de vie de Philémon. C'est aussi une période "lune de miel" avec Léonard : j'ai un plaisir fou à côtoyer mon fils, à échanger avec lui, à partager ses nombreux moments d'enthousiasme. Que ce soit lorsqu'il découvre des livres sur les animaux à la bibliothèque (elle semble en receler des centaines, car il en apporte des nouveaux à la maison chaque semaine, depuis des mois !). Que ce soit lorsqu'il discute des habitats des animaux selon les régions du monde. Que ce soit lorsqu'il dessine (ENFIN, ça débloque, il aime dessiner ! Des scènes de L'Ère de glace : L'aube des Dinosaures, ou de Star Wars, qu'il n'a pas encore vu – ce sera fait pour ses 5 ans, et on a aussi hâte que lui !).

Que ce soit lorsque nous écoutons de la musique. Léonard en danse de plaisir… dans la cuisine, le salon ou même l'auto ! Oui, on peut danser, attaché dans un siège d'auto, il m'en a donné la preuve ! :)

Voici donc nos trois coups de cœurs musicaux partagés en famille ces derniers mois (de la musique québécoise, du monde et britannique. Nous sommes éclectiques !). Des disques que papa, maman et Léonard adorons – remarquez, Philémon et Capuccino apprécient peut-être aussi… :)

00041_cd.jpgAfrican playground de la collection Putumayo : un concentré de chansons qui font aimer l'Afrique, qui célèbrent l'Afrique; qui nous rappellent la joie de vivre que provoque la musique africaine, du Sénégal au Kenya ! La chanson originale qui a été reprise dans Le Roi Lion s'y trouve, bien sûr, mais toutes les autres se dégustent avec bonheur. Un grand crû d'une collection que j'avais déjà en haute estime (nous écoutions déjà World playground et Chocolate land…), car la musique du monde y est bellement représentée, sans compter qu'un don est fait pour chaque disque acheté. Notre prochaine acquisition ? Animal playground, sûrement !

Génération Passe-Partout.jpgGénération passe-partout aurait pu devenir un énième disque de reprises qu'on écoute une fois et qu'on oublie aussitôt. Mais non ! La plupart des interprétations y sont à la fois personnelles et surprenantes, des Grenouilles arabisées de Lynda Thalie en passant par la Berceuse créole au goût de bossa nova (grâce à Florence K) et à Le p'tit printemps/ les beaux légumes de Madame Moustache où les patates côtoient… des grilled cheese ! :) Nos préférés ? Jef apprécie tout particulièrement Laisser sa trace de Patrick Groulx et les Bas Blancs; j'aime beaucoup Ils étaient quatre/J'ai deux yeux, version Martin Deschamps (donc forcément très rock – faut l'entendre finir la comptine avec "(J'ai) deux jambes… me semble !"); quant à Léonard, il craque pour Dans le poulailler des Denis Drolet. Faut dire que c'est particulièrement drôle quand on les entend crier : "Envoye Fardoche, danse avec tes cochons !" Bref, c'est musicalement très réussi, souvent drôle, parfois touchant, et je suis vraiment désolée pour les personnes qui n'ont pas connu Passe-Partout et qui pourraient ne pas saisir la magie de ce disque… magique !

HardDaysNight.jpgA hard day's night des Beatles est devenu LE hit de Léonard. Il en chante une version délicieuse dont on reconnaît très bien la mélodie, le rythme, les intonations… mais très peu les mots ! LOL. J'ai toujours rêvé de faire découvrir mon groupe préféré à mes enfants, mais je savais bien qu'il ne fallait pas forcer la note (héhé). Tout vient à point à qui sait attendre, disait Lafontaine : c'est bien vrai ! Un jour que Jef écoutait le disque dans l'auto, ce fut un coup de foudre pour Léonard. Je me plais à imaginer qu'il a vécu la même chose que moi lorsque, au printemps 1989, j'ai entendu une chanson des Beatles… et n'ai plus jamais été la même ! :)

 

N.B. Par souci de mémoire familiale, notons que Léonard adore aussi Walk the dinosaur, version Queen Latifah, du film L'Ère de glace : L'aube des Dinosaures, que nous sommes allés voir en 3D à l'été 2009, et I like to move it du film Madagascar (depuis Noël 2008, je crois bien !). Affirmer qu'il aime danser sur ces chansons-là est un euphémisme !

Culture : Lire Paris à travers les yeux des étrangers

J'ai plusieurs dadas relatifs aux Français. Pensez à cette manie, en voyage, de tellement apprécier nos rencontres avec des Hexagonaux que parfois, j'en oublie les sites magnifiques que nous sommes en train de visiter, de la Syrie au Pérou !. Pensons aussi au plaisir que je prends devant tout sketch, documentaire, texte ou anecdote où l'on compare les modes de vie et de pensée des Français et des Québécois (pour ne donner qu'un exemple, je me remémore avec délectation une capsule d'Anthony Kavannah où celui-ci imite un parent français qui se promène en forêt, puis un parent québécois qui fait de même... avec toutes les différences qu'on imagine – hilarant !). Sans compter mon répertoire des faux-amis – ces mots et expressions qui rendent l'interlocuteur complètement déstabilisé, du Québécois ébahi d'entendre un Français déclarer qu'il aime jouer avec ses gosses au Français médusé qui lit sur le devanture d'un magasin québécois : «suçons à vendre» !!!

Mais il y a bien mieux encore. J'adore lire le récit d'étrangers découvrant Paris. Je me délecte de leurs aventures, je savoure chaque détail de la ville qu'ils font revivre sous mes yeux (ahhh... Paris !), et souvent aussi, cela me fait rire aux larmes (désolée, chéri, pour toutes ces fois ou je t'ai réveillé en sursaut en plein coeur de la nuit à cause d'un éclat de rire incontrôlé !).

Et justement, je reviens de Paris (bon, j'ai quitté la ville le 6 mai dernier - 2010 - et  nous voilà le 28 juillet, et alors ?), et depuis, je relis avec un brin de nostalgie mes «classiques» du genre et en découvre de nouveaux. Cela mérite un petit compte rendu !

Tremblay.jpgDes nouvelles d'Édouard de Michel Tremblay

Je suis une fan inconditionnelle de Tremblay et en particulier de ses Chroniques du Plateau Mont-Royal. Ce que bien des gens ignorent, c'est que le quatrième tome du cycle, Des nouvelles d'Édouard, prend la forme de lettres qu'Édouard écrit à la Grosse femme pendant son périple à Paris (incluant sa traversée de l'Atlantique) dans les années cinquante. Même si je l'ai lu il y a une bonne dizaine d'années, je me souviens de ses aventures avec détails – la rillette suspendue à la fenêtre côté cour et les toilettes turques sur le palier, la longue promenade sur le boulevard Poissonnière où il se rend compte qu'il marche dans les pas du personnage de Gervaise dans L'Assommoir de Zola... Mais surtout, surtout, une scène m'avait profondément émue – celle où, attablé à un café, il se retrouve à côté d'un trio d'amis prénommés Simone, Albert et Jean-Paul... Jamais leurs patronymes ne sont nommés, mais ce clin d'œil complice au lecteur m'avait ravie !

Gabrielle Roy.jpgLa Détresse et l'enchantement de Gabrielle Roy

Cela fait encore plus longtemps que j'ai lu cette autobiographie inachevée de la grande dame manitobaine. Quelques chapitres se déroulent à Paris, alors que Gabrielle souhaite ardemment devenir actrice (l'appel de l'écriture n'ayant pas encore eu lieu – ça se fera à Londres, il me semble ?) – mais son accent en rebutera malheureusement plusieurs. Encore ici, certaines anecdotes typiques du nord-américain à Paris s'y retrouvent, dont la minuterie dans les escaliers (et l'inévitable moment où l'on se retrouve dans le noir les bras chargés de bagages !) J'apprécierais sûrement relire ses mémoires et y découvrir de nouvelles choses, car j'étais «bien jeune» à ma première lecture !

accent.jpgLes Français aussi ont un accent de Jean-Benoît Nadeau

C'est étonnant comme ce livre m'a plu. Je l'ai relu à mon retour, fin mai, et j'ai encore ri à en pleurer, en plus d'y comprendre mieux certaines observations que l'auteur partage avec nous. M. Nadeau est un journaliste québécois – il écrit notamment pour le magazine L'Actualité – marié à une journaliste anglophone originaire de l'Ontario. Non seulement il ne semble pas provenir de la même famille identitaire et politique que moi, mais il n'a apparemment pas non plus grandi dans une famille amoureuse de la France comme la mienne (chez nous, le besoin d'aller régulièrement en France est viscéral - le copain de ma mère passe régulièrement par la France pour aller au Sri Lanka et mon père a déjà fait escale à Paris pour aller... en Irlande !). Nous ne sommes pas aveuglément admiratifs, car nous avons une très forte estime de notre propre culture; c'est plutôt qu'on s'y retrouve comme dans un deuxième chez soi où résident plein d'amis très chers - des amis en chair et en os et d'autres qui ont donné leurs noms aux rues et places du pays – Hugo, Curie, Jaurès...)

Malgré des prédispositions totalement différentes des miennes au moment d'arriver en France, donc, l'auteur relate ses aventures parisiennes avec un humour contagieux. L'anecdote de la clé d'ascenseur perdue et du propriétaire portugais est particulièrement savoureuse, sans compter le pipi dans les orties et les foutues douches téléphones non fixées au mur ! J'ai bien aimé aussi le fait qu'il appelle un chat un chat – par exemple, affirmer que l'habitude des Français de nous reprendre quand on parle est impolie aux yeux d'un Nord-américain. Je n'avais jamais compris cet aspect du problème – il est vrai qu'ici, on ne reprend pas, ou si peu, les gens quand ils parlent. Quant à ses observations plus que pertinentes sur la société française, certaines m'ont fait découvrir des aspects que je méconnaissais – la pudeur de dévoiler son propre nom (et celui de Napoléon !), la raison historique de l'usage des volets aux fenêtres, etc.

Finalement, il m'a définitivement convaincue d'intégrer un club de randonnée si un jour je vais vivre en France (haha, sa description comparative d'un refuge de rando en Amérique du Nord et de son « équivalent » en France, d'où la nécessité de se munir d'accessoires fort différents pour chacun... tordant !). Ne serait-ce que pour goûter aux cerises deux couleurs (oh non, pour bien plus que ça) !

God save.jpgGod Save la France (traduction «française ») de Stephen Clarke

Mis à part un intérêt marqué pour les sous-vêtements de Françaises, on pourrait croire que ce livre est un clone du précédant : pour des raisons professionnelles, un Britannique s'installe à Paris et tente de comprendre les incongruités apparentes des Français – anecdote des crottes de chien incluse - d'ailleurs, le titre «anglais» est A year in the merde !

Je suis en train de le relire. Je me souviens que ma première lecture m'avait enchantée (je me suis procuré le livre après le passage de l'auteur à Tout le monde en parle il y a quelques années), et cette fois-ci, dès les premières lignes, je me suis remise à rire avec délectation – c'est écrit avec un humour bien anglais: ah, ces garçons de café de carrière qui traitent les clients avec mépris et ces employés qui reviennent de leurs six semaines de vacances d'été en discutant déjà de ce qu'ils feront à la Toussaint ! Les Français peuvent bien insister pour appeler une chaîne de salons de thé anglais My tea is rich... On leur pardonne !

Julia.jpgMy life in France de Julia Child

Chère Julia, je suis heureuse de t'avoir découverte grâce au film Julie and Julia (un tonnerre d'applaudissement à Meryl Streep, une fois de plus !). Car si tu as fait découvrir la cuisine française aux Américains et es devenue une célébrité aux État-Unis, je ne connaissais malheureusement pas ta fabuleuse histoire. Et quelle histoire ! Des années de guerre au Sri Lanka et en Chine, où tu as connu ton mari Paul, à tes années de bonheur en la belle France (hallucinant, le récit de votre arrivée dans le pays encore défiguré par la guerre, en 1948 !), le tout est raconté avec humour (encore !), enthousiasme et bonne humeur. Tu as eu un coup de foudre pour Paris, le pays en général, les Français en particulier*... et la cuisine française a passionnément changé ta vie ! Chaque anecdote de cette vie de Paris d'après-guerre – les délectables repas, les virées à Montmartre et les Halles la nuit, les subtilités culturelles des commerçants du quartier, des femmes de ménages et des chefs cuisiniers... Délicieux ! Merci à toi ! (J'en oublie presque que je lis ton livre, pas encore traduit en français, dans la langue de Shakespeare... sans effort aucun, tant ça me met de bonne humeur !)

* J'ai d'ailleurs trouvé rafraîchissant de lire enfin une description des Français comme étant des gens hospitaliers, charmants et généreux. Ça brise un peu le rôle ingrat que leur donnent bien des visiteurs. Julia a connu la France d'il y a plus de soixante ans, mais cela me rappelle mes plus récents séjours, où en effet, les Français étaient extrêmement serviables et toujours prêts à nous complimenter sur notre accent. Si c'est vrai qu'il y et une période ou l'accueil était, disons, peu aimable, les choses ont bien changé – à moins que les choses redeviennent ce qu'elles étaient avant ?! Peu importe, mes dernières expériences m'ont charmée, plus que jamais...

P.S. Moi qui viens d'écrire un billet sur ma difficulté à réaliser des projets - même petits - pendant ce congé de maternité, eh oui, j'arrive à lire (j'arrive TOUJOURS à lire !). Savez comment je m'y prends ? En allaitant; en mangeant – même si je n'ai que 5 minutes parce que bébé va bientôt me demander; dans l'autobus (une fois par semaine environ, s'il n'est pas trop bondé, ou même, parfois, s'il l'est). C'est par trop vital... Merci, livres, bis repetita !