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Parentitude

Intro

Transgresser les règles pour mieux allaiter

Les lubies d’une synesthète qui essaie de faire un bébé

 

L’ADQ et les garderies, silence radio

 

Ode aux papas d’aujourd’hui

 

Pas de maternité "lisse" pour Marie

 

Mitsou, Josée Blanchette, Mère indigne et Moi (ou encore : Mère blogueuse et fière de l'être !)

 

Un "J'aime, j'aime pas", sauce virtuelle au gin tonic

Longue vie à Mama cool !

Grosse bédaine célèbre sa victoire sur l’adversité !

Léonard/Parentitude : Mes premières rencontres avec mon bébé

Les prénoms de mes garçons

Posologies

Enfance et existence

"Double Potions with Snape"

Ô Suprême Entité Temporelle

Maman disjonctée appelle à l'aide !

 

Voir aussi

 

Catégorie : Léonard


Catégorie : Philémon

 

Médias : Une famille "plus verte" dans le Bien Grandir

Médias : Mon test de grossesse passe à la télé !

Projets : Serrure bloquée pour projets de congé de maternité

Causes : Une année chanceuse s'est terminée en queue de poisson

Parentitude : intro

Devenir parents, c’est la plus grande source de joies du monde, mais c’est aussi une source d’angoisse et d’inquiétude inversement proportionnelle aux nombres d’heures de sommeil que notre état nous alloue !!!  

Jef et moi sommes tellement transformés par le fait d’être parents que j’ai eu envie de créer une catégorie sur notre « parentitude ».

Ben oui, quoi, un mot qui n’existe pas.  Nous les parents, on ne s’en lasse pas, même si on en a l’habitude !

 

Parentitude : Transgresser les règles pour mieux allaiter

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31 juillet 2007 - mon allaitement, avec recul...

J’ai allaité pendant 13 mois, par choix.  Avec conviction et, petit à petit, avec plaisir (à la fin, c’était très certainement par pur plaisir !  J’ai arrêté parce que fiston a cessé de vouloir téter !)  Maintenant que Léonard a plus de 2 ans, je repense à ces doux moments avec une quasi nostalgie.  Et j’ai hâte d’allaiter, un jour, un deuxième bébé !

Pourtant...  Les premières semaines d’allaitement furent très difficiles.  Non seulement j’ai collectionné les problèmes – gerçures, crevasses, muguet et mastite en même temps, lorsque le petit a eu une semaine – mais en plus, j’ai d’abord reçu une « aide » que je qualifierais d’inappropriée.  En fait, j’ai été à un cheveu d’arrêter complètement de donner le sein, d’un seul coup; ce qui a sauvé mon allaitement, c’est tout d’abord l’empathie d’une infirmière dans un autre CLSC que le mien – empathie : donc reconnaissance de ma douleur, de ma peine, et refus de perpétuer la souffrance – et l’aide d’une excellente conseillère en allaitement.  Si je n’avais reçu que les conseils des infirmières de l’hôpital, de mon CLSC, du Mieux vivre avec son enfant 2005 et du Guide Nourri-source... mon expérience d’allaitement aurait duré une semaine et me laisserait que de mauvais souvenirs !  Et cela aurait été tellement dommage.

C’est pour cette raison que, lorsque mon petit a eu 4 mois, j’ai écrit un texte sur mon histoire (voir ci-dessous).  Tout simplement parce que je crois que le purisme en matière d’allaitement peut nuire plus qu’aider. Parce que la souffrance n’a pas sa place dans le magnifique geste d’allaiter. Parce que je crois qu’une approche plus souple peut faire la différence.  Enfin, parce qu’une femme qui vient de vivre une grossesse de 9 mois, qui vient d’accoucher, qui a peut-être le périnée déchiré, qui a les hormones qui jouent au yo-yo, qui ne dort presque pas et qui est en plein baby blues mérite de recevoir autre chose qu’une liste de contre indications sans fin et, dans certains cas, culpabilisantes. Si elle souffre, elle mérite qu’on reconnaisse cette souffrance et qu’on lui propose des accommodements et des solutions afin que cette souffrance cesse.  Pour elle, et pour son bébé – une maman détendue, reposée, confiante, n’est-ce pas ce dont un bébé a le plus besoin ?!

J’ai un rêve : qu’il y ait un jour non seulement des hôpitaux certifiés « amis des bébés », mais aussi « amis des mamans ».  Cela paraît évident, et pourtant !!!

13 septembre 2005

Comment c’est en transgressant toutes les règles de l’allaitement que j’en arrive aujourd’hui à allaiter mon bébé avec bonheur !

En effet, j’allaite avec bonheur mon bébé de plus de 4 mois, un bébé resplendissant de santé, épanoui, qui dort bien, tête bien, rit aux éclats et nous fait les plus beaux sourires du monde.  Pourtant, dès ses premiers jours de vie, j’ai collectionné simultanément de nombreux problèmes (gerçures, crevasses, mastite, muguet, le tout combiné à un baby blues très sévère) et j’aurais arrêté l’allaitement si je ne m’étais pas donné le droit de transgresser toutes les lois des puristes en la matière !  Alors aujourd’hui j’ai pensé témoigner de mon expérience... Pas pour dire aux femmes « vous devez faire ci ou ça » mais bien plutôt pour illustrer que l’important est de se respecter et de s’écouter plutôt que de culpabiliser en s’en tenant à des règles strictes même lorsque nos besoins diffèrent !

Mon choix : allaiter  

Depuis toujours, bien avant de tomber enceinte, mon choix est fait : je veux allaiter.  Pour toutes sortes de raison : c’est naturel; pratique (toujours stérile, à la bonne température); ça favorise les liens maman-bébé, peau à peau; ça prévient toutes sortes de problèmes de santé chez le bébé et chez la maman; et ça évite d’encourager ces satanées multinationales, comme Nestlé !  D’ailleurs, avant même d’accoucher, mon objectif est d’allaiter au moins jusqu’à ce qu’il soit possible de donner du lait de vache (9 mois) pour éviter les préparations lactées qui, toutes, contiennent des OGM et sont manufacturées par des multinationales aux gestes à la moralité douteuse. Bref, à la naissance de mon bébé, je commence à allaiter avec enthousiasme et aucun préjugé.

Comme c’est étrange, pourtant...  Dans les livres, on insiste beaucoup sur les nombreux  avantages de l’allaitement, mais très peu soulignent certains éléments de l’allaitement qui font aujourd’hui de moi une femme qui est, oui, heureuse d’allaiter, mais pas à n’importe quel prix !   En voilà deux :

- La fatigue.  Je n’avais pas conscientisé le problème du sommeil en lien direct avec l’allaitement.  En effet, quand on allaite à 100% et que le petit boit systématiquement aux 2-3 heures, on ne dort jamais plus de 2h d’affilée.  Bonjour la fatigue ! Certaines personnes ont besoin de beaucoup de sommeil pour fonctionner ou à tout le moins pour avoir le moral.  C’est mon cas.  Dans les pires moments, je me suis mis à envier follement celles qui ont choisi le biberon et dont le conjoint peut donner un boire de temps en temps, permettant à la maman de dormir un petit 5 heures ! Dire que j’ai lu le conseil suivant dans le cas où le bébé a une poussée de croissance ou qu’on a une mastite ou autre problème douloureux : « allaitez plus souvent ET reposez-vous ».  Ha ha ha !  Quel sens de l’humour !

- Déshydratation/constipation.  On nous dit de boire beaucoup lorsqu’on allaite car la production de lait demande beaucoup de liquide. J’ai bu beaucoup, beaucoup et je bois toujours beaucoup, beaucoup.  Sauf que la constipation est devenue tellement grave un mois après l’accouchement que je me suis retrouvée avec des fissures anales – et j’ai dû subir, après trois mois de douleurs insoutenables, une chirurgie !  (Oui, je sais, je ne suis pas chanceuse !) Avoir su que la déshydratation pouvait aller si loin, j’aurais pris le problème plus au sérieux (qu’est-ce que la constipation lorsqu’on a déjà tous les problèmes cités ci haut ?  C’était le moindre de mes soucis !) en prenant un supplément de fibres, par exemple.

Première loi transgressée : la suce (ou « sucette d’amusement »)

Dès le 2e jour de vie de mon bébé, juste avant que nous quittions l’hôpital, une infirmière nous recommande de donner la suce à notre bébé car il pleure même après un boire de 40 minutes (20 minutes par sein) de colostrum.  Elle nous dit que les bébés ont parfois envie de téter pour téter.  (Et compte tenu de l’état de mes mamelons dans les premiers jours, une chance que je ne le laisse pas téter pour téter !!!)

Eh bien, depuis ce jour, nous lui offrons parfois la suce... mais ça ne l’intéresse pas trop !  À part lorsqu’il a soudain très faim et que nous sommes sur l’autoroute, par exemple, et que nous devons attendre quelques minutes avant de pouvoir lui donner le sein.  Dans ce cas, c’est bien pratique, ça le fait patienter (bien que mon petit doigt fasse aussi l’affaire).  Sinon, ça ne l’a jamais empêché de téter le sein.

Deuxième loi transgressée : le biberon  

Au 7e jour de vie de mon bébé, il a une soudaine poussée de croissance et veut boire aux heures.  Or, mes mamelons sont en sang; j’ai des crevasses, des gerçures, du muguet, une mastite (et pourtant j’ai fait tout ce qu’on m’avait dit de faire pour éviter cela... mais je suis épuisée.)  J’ai si mal, je suis si fatiguée et je suis si triste (je vis un baby blues sévère et les infirmières et les médecins du CLSC vont envisager de me médicamenter) que je n’arrive plus à nourrir mon bébé.  Je tressaille de douleur dès que mon amoureux approche le bébé vers moi.  J’appelle en larmes toutes sortes de services.  À Info-Santé, on me relit tout le baratin que j’ai déjà lu dans le Mieux vivre et dans le Nourri-source; mais je n’en suis plus aux douches chaudes ni à la lanoline, et autres trucs préventifs, tout ce que je souhaite c’est que mon petit bébé boive à sa faim sans toucher à mes seins !!!  Une parente qui a elle-même une marraine d’allaitement et possède une expérience d’allaitement super positive me conseille de changer de position (j’alterne déjà entre madone inversée et football).  Mais je n’en suis plus là non plus, je souffre trop.  Je me précipite à l’hôpital où une infirmière offre une préparation lactée à mon bébé, qui l’engloutit.  Je suis si émue de le voir ainsi, de profil, les yeux grand ouverts, téter goulûment son biberon !  Enfin il boit et n’aura plus soif.  

Troisième loi transgressée : le tire-lait

Ce soir-là, nous louons un tire-lait. C’est une véritable course contre la montre car les pharmacies vont bientôt fermer et je passe des heures au téléphone avant qu’une d’entre elle me confirme qu’il reste un tire-lait de disponible.  Ouf, je pourrai continuer à stimuler ma production de lait... en attendant.  Et heureusement, ça ne fait pas mal.  Je suis si fatiguée, stressé, et triste que ma nouvelle panique concerne la stérilisation des biberons.  Je passe mon temps à les faire bouillir alors que j’apprends ensuite qu’il est nécessaire de les stériliser à l’achat et qu’ensuite l’eau chaude et le savon suffisent.

Dans les jours qui vont suivre, nous donnons plusieurs biberons au bébé, soit de lait maternel, soit de préparation lactée.  Je donne le sein de temps en temps mais le saignement revient et la mastite rend la moitié de mes seins rouge tomate. 

Durant ces quelques jours, je pense passer aux biberons à temps plein un nombre incalculable de fois.  C’est grâce aux gentilles personnes qui m’ont aidée par la suite qu’il n’en sera rien.

Dire que la marraine d’allaitement de ma parente, lorsqu’elle a appris que j’avais utilisé un tire-lait, a réagi en s’exclamant : « Oh non, elle n’a pas commencé ça ! »... Non mais ?!

Oh surprise, mes copines se mettent à me raconter leurs difficultés du début de l’allaitement  !!!

Tout à coup, j’en entends de toutes les couleurs. « Je mordais dans une débarbouillette mouillée quand le bébé prenait le sein », « je mordais dans de la glace », « ma petite régurgitait sang et gales ».  Comme quoi ce n’est pas toujours aussi merveilleux que ça en a l’air, hein ?  Même chose pour le baby blues.  Les discours changent depuis que j’en parle ouvertement.  Certaines ont consulté, disent que ce fut bien loin d’une lune de miel le ou les premier(s) mois... Ce qu’on se sent moins seule quand de vrais témoignages nuancés percent le discours unique du bonheur total !

Vive la conseillère en allaitement !

Plus de douleur.  Une méthode qui fonctionne vraiment.  Ça y est ! On ne fait pas « le sandwich » avec le sein au complet mais avec l’auréole seulement; on peut même entrer ses deux doigts dans la bouche pour être sûre que le bébé prenne assez grand.  Pour mieux diriger le bébé vers le sein, y’a rien comme de lui tenir les deux oreilles depuis l’arrière de sa tête.

Mais pourquoi n’y a-t-il pas de conseillère en allaitement à l’hôpital ?  Pas que les infirmières ne soient pas bien intentionnées, seulement ce n’est pas leur spécialité... Merci à Chantal, grâce à qui j’ai retrouvé toute ma motivation à allaiter.  Sans douleur. Avec bonheur.  Mais après un temps d’arrêt pour laisser reposer mes seins, grâce au tire-lait et au biberon, hein !

Quatrième loi transgressée : l’eau !  

C’est la canicule et bébé boit presque sans arrêt. Bien sûr, dans les documents sur l’allaitement, pas question de donner de l’eau au bébé (le début du boire est plus aqueux et désaltère le petit...) Je n’ose donc pas en donner.  Une jeune maman qui parle de ses soirées où elle allaite presque sans arrêt, dans une rencontre « parlons bébé » du CLSC, se fait répondre du tac au tac : « pas d’eau » !  Et pourtant, mon médecin qui m’a suivie pour ma grossesse me le recommande dans ces situations extrêmes où bébé boit sans arrêt, en pleine chaleur.  Même la diététiste du CLSC le recommande – une toute petite quantité d’eau chaque jour, dit-elle !  Alors quoi ?...

... Je n’ai donné d’eau qu’une seule fois à mon bébé.  Mais j’aurais pu en donner une petite once de temps en temps les soirs de canicule. Comme si les femmes ne pouvaient pas faire la différence entre le fait de donner de l’eau au lieu du lait plusieurs fois par jour et des situations exceptionnelles ?! 

Vive l’allaitement mixte ! (et donc le biberon...)  

Peu à peu, donc, l’allaitement se vit sans douleur, et je redécouvre que ce peut être, en effet, une méthode pratique, simple, agréable.  Mais le problème de la fatigue n’est pas résolu pour autant.  Je suis épuisée (entre autres, le petit boit parfois de 17h à 1h presque sans arrêt !  Ouf !)  Et comme mon copain a expérimenté le biberon auprès de notre petit pou pendant la période de douleurs intenses, il m’offre de donner le boire de l’aube.  Ainsi, si le petit demande à boire entre 5h et 8h du matin, il lui donnera le biberon.  Et comme je suis épuisée, pas question de prendre une heure par jour pour tirer mon lait pour ce biberon, puisque l’objectif est que je DORME un peu !  Alors il s’agira de préparation lactée. Je me dis que, un boire sur huit, c’est loin d’être considérable !  Eh bien, je peux dire aujourd’hui que ce fut rien de moins qu’une thérapie.  Lorsque je donnais un boire à 2h, 3h ou 4h du matin, je savais qu’au prochain je resterais au lit pour dormir un bon 4 heures en ligne.  Ma santé (physique et mentale) s’est considérablement améliorée dans les jours qui ont suivi cette décision...  Sans compter que le papa a apprécié ces moments d’intimité en tête à tête avec son petit (bien qu’il y en avait d’autres, bien sûr !)  Nous avons procédé ainsi jusqu’à ce que le petit dorme 6, 7 heures en ligne, et ce de plus en plus souvent, à partir de l’âge de trois mois.  Maintenant, nous n’avons plus à lui donner de biberons (sauf le jour de ma chirurgie où il l’a repris comme si de rien était pour ensuite reprendre mon sein sans problème).

Quand je raconte ce que j’ai vécu, on me fait souvent la remarque suivante (c’est le cas d’une infirmière, entre autres) : « Et vous avez quand même continué ?  La plupart des femmes auraient jeté l’éponge depuis longtemps.  Bravo ! »

***

En serions-nous déjà à l’étape de l’introduction des aliments solides ???

Mon petit aura cinq mois dans deux semaines.  Il boit beaucoup, beaucoup le soir avant de dormir.  On se dit qu’il sera sans doute bientôt prêt pour les céréales.  J’ai commencé à préparer et à congeler de bonnes purées avec les légumes bios que je reçois comme participante au projet d’Agriculture soutenue par la Communauté d’Équiterre.  Alors... qu’attendons-nous pour commencer à introduire les aliments solides ?  D’abord, j’attends que ma convalescence soit finie (quand on se fait opérer au derrière, y’a rien comme d’allaiter couchée !!!). Ensuite, je conscientise peu à peu ce que signifie ce changement puisque l’allaitement est devenu quelque chose de très doux dans ma vie, et que mon petit en profite délicieusement bien !

En un mot : autant les débuts de l’allaitement furent difficiles, aujourd’hui, je n’ai plus envie d’arrêter !  Mais pour en arriver là, on m’a écoutée, comprise, sans essayer de me culpabiliser; et on a cessé de me rebattre les oreilles avec des « il ne faut pas que ».  Sans quoi j’en serais aux biberons à temps plein depuis belle lurette !

Parentitude : Les lubies d’une synesthète qui essaie de faire un bébé

Savez-vous ce qui se passe dans ma tête quand je suis dans une période de ma vie où je souhaite de tout cœur avoir un bébé ?

(Ce qui n’est pas le cas dans l’immédiat, car je viens de faire une fausse couche - le 26 janvier 2008 - et que je compte attendre plusieurs mois, question de me remettre.)

Lubie no 1 (et ses dérivés) : des chiffres et des dates

Dès que j’ai mes règles, je calcule les jours pour savoir quand faire le test de grossesse la prochaine fois mais surtout pour savoir déjà quand j’accoucherais. Parce que la date, tout le monde le sait, c’est ultra important (et non, je me crois pas du tout à l’astrologie, ni à la numérologie) !  

D’abord, pas question d’accoucher en décembre, janvier ou février : nous sommes si sollicités ces 3 mois-là, avec un party de Noël ou un anniversaire tous les 2 jours pendant 90 jours, que je ne vois pas où nous trouverions l’énergie – ou tout simplement une heure de libre ! - pour organiser une fête d’enfant. 

La date, importante ?  Ben quoi, mon fils est né le jour de la Terre (je l’avais prédit pendant toute la grossesse !), le 2e ne pourra tout de même pas naître le jour de la prostate ou des Zones Humides, si ?! J  J’ai découvert l’outil absolument indispensable en la matière : le site des journées mondiales. J’ai déjà mes dates fétiches : le 22 mars (après l’enfant de la Terre, l’enfant de l’eau !), le 1er mai (après le bébé écologiste, le bébé syndicaliste !), le 21 juin (... un enfant du soleil ?)...  Si j’avais accouché fin août 2008 comme prévu, ça aurait été, bien sûr, le 23 août, date de l’abolition de la traite des esclaves, voyons !  Un enfant de la liberté ?  Je le souhaitais !  On est une fille à concepts ou on ne l’est pas !

D’ailleurs, je suis hyper consciente de l’aspect temporel de la grossesse.  Je sais exactement à quelle semaine de sa grossesse est rendue ma collègue, à quel trimestre, ainsi que l’écart exact de l’âge qu’auront ces deux enfants... mieux qu’elle, je crois.  Je la reprends au besoin.  Oups !  

... Plein d’autres chiffres inondent mes pensées.  La moyenne occidentale du nombre de mois d’essais pour qu’il y ait fécondation est de 10 mois.  Une grossesse dure 40 semaines dont 2 où l’on n’est pas enceinte, dans le fond.  Les premières 14 semaines sont risquées.  1 grossesse sur 4 s’arrête au premier trimestre.  L’écart idéal entre deux enfants est de 2. 3. 4. 5. 6 ans (toutes les théories existent sur ce dernier point... et leur contraire !)  Etc. Etc !

Lubie no 2 (et ses dérivés) : des phonèmes et des lettres  

Suis-je vraiment en train de me lancer dans la description des critères pour choisir un prénom, critères que nous ressassons pendant les essais, pendant les grossesses, et entre tout ceci ?  Ayoye !!!

Critère no 1 : pas trop d’occurrences.  En d’autres mots, si je connais deux, voire même un seul enfant qui porte ce prénom... j’hésite.  Ça commence simplement, hein ?

Critère no 2 : tolérance (presque) zéro pour certains phonèmes. Exit les d ou t devant u ou i qui, au Québec, deviennent dz ou ts (ces chères affrications, que je prononce sans honte ni gêne, mais qui m’agressent l’oreille dans un prénom).  Surtout pas de chr ou gr.  Le moins possible de percussives (p, t, k, b, d, g)...  Pas trop de terminaisons en ite ou ine.  Et pourtant, je trouve absolument charmants certains prénoms qui comportent tous les phonèmes que je viens d’énumérer !

Critère no 3 : la symétrie avec les autres prénoms des enfants de la famille.  Disons que Éric et Gwendoline, je trouve que ça jure un peu !

Critère no 4 : pas de prénoms composés.  Parce que.  Ché pas !

Critère no 5 : j’aime bien les prénoms de trois syllabes, pas une, pas moins.  C’est comme ça !

Critères no 6 et no 7 : pas de prénoms inventés ni de prénoms anglophones portés presqu’ exclusivement par des francophones !  (pour démêler ce que je viens de dire... j’adore James, mais Steve, Brandon et Kevin, pas cap’ !)

Critères no 8 et no 9 : préférence pour les vieux prénoms de la francophonie.   

Critère no 10 : j’accorde une certaine importance au sens du prénom ou à un personnage célèbre qui aurait porté celui-ci.

Critère no 11 : je me plie aux diktats culturels. Séraphin et Aurore sont de magnifiques prénoms, mais je ne suis pas sadique, quand même !  (Pour les Français qui liraient ceci, sachez que Séraphin est un personnage détesté – le mot est faible – honni, devrais-je dire, de la littérature, de la télévision et du cinéma québécois car il a laissé crever sa femme par avarice; Aurore a vraiment existé et est morte des sévices abominables infligés par sa belle-mère.  Bref, ce sont des personnages qui ont marqué au fer l’imaginaire collectif des Québécois !)  

***

J’avais déjà prévu, depuis longtemps, vous parler de ces lubies – les miennes, assumons ! - de femme qui essaie de faire un bébé.  Je me disais que j’allais écrire : « encore une fois, je suis fuckée » (pour faire suite à l’intro de la catégorie Causes, toujours! J )

Mais voilà, je vois ces lubies d’un autre jour depuis que j’ai découvert que j’étais synesthète.  Oui, oui ! 

Je ne vais pas décrire en détail ce phénomène, sinon pour dire que nous sommes une minorité (1/200 environ) à associer les sens et/ou les concepts aux sensations, de manière irrépressible, et flagrante. Ainsi certains voient les lettres ou les chiffres en couleur, certains autres goûtent les sons et la musique; moi je vois le temps (voir le point 6 de cette note ainsi que les commentaires qui la suivent) !!!

Le rapport entre ce « don » (je préfère ce terme au « trouble » du Robert 1 !  Pff, quand même !) et mes essais bébé ?...  

Mon obsession des dates et ma conscience aiguë du temps. Ma mémoire phénoménale.  Mon hypersensibilité aux phonèmes et à la graphie des mots.  Je ne peux m’empêcher d’expliquer ceci par cela.  Ça me rassure, peut-être !

De toutes façons, qu’on me traite de négative (ça m’arrive tout le temps), qu’on me dise de relaxer et de cesser de vouloir tout contrôler (avec son corollaire : « tu ne tomberas pas enceinte si tu y penses trop » – haha, faux 2/2), qu’on me regarde avec ahurissement quand j’ose me raconter, tant pis, car moi...  je m’amuse follement !

Parentitude : L’ADQ et les garderies, silence radio

610847813.jpgJe profite du momentum : Lucie vient de publier, le 10 mars 2008, un texte sur les gaga...garderies, et le dernier budget des libéraux du Québec (13 mars 2008) propose de majorer « le crédit d’impôt pour les frais de garde afin de permettre aux familles qui assument le plein tarif des garderies non subventionnées de payer le même prix, au bout du compte, que les parents dont les enfants fréquentent les garderies à 7 $ par jour » (dixit Le Devoir). Et moi, parmi ma liste de 200 textes (au moins) que je souhaite publier ici (!), il y a celui-ci.  C’est le moment ou jamais ! J  

Revenons en arrière.  Avant les dernières élections (printemps 2007), la population québécoise a appris que l’ADQ réclamait « une allocation de 100 $ par semaine pour chaque enfant d’âge préscolaire qui ne fréquente pas un service de garde subventionné » (mot pour mot dans le programme).

Qu’est-ce que vous comprenez de cette formulation, vous ?

Dans les médias et dans mon entourage (la grande majorité de mes amis, mes collègues et ma propre famille), l’interprétation était instantanée : les adéquistes veulent encourager les femmes à rester à la maison avec leurs enfants.

Mais voilà-ti pas que je jase avec un couple d’amis dont un des deux a voté ADQ...  

Je me sens TELLEMENT moins monolithique dans ma compréhension du monde depuis que j’ai découvert que je ne fréquente pas uniquement des gens qui votent du même bord que moi et mes proches (lire : Québec Solidaire ou Parti Québécois) !  C’est vrai quoi, vivre sous une cloche de verre ou dans un ghetto idéologique, c’est un peu comme porter des oeillères, non ?  J’ai beau faire de l’urticaire au contact de bien des idées de droite, mieux vaut se gratter un peu que de faire l’autruche, mmhhh ?  Et puis, chaque  fois, c’est pour moi l’occasion de me lancer un défi.  Je veux comprendre le raisonnement de l’autre et le confronter au mien.  Un bon exercice démocratique entre les deux oreilles !

...pour une raison bien simple : lui a compris  que l’ADQ veut offrir un appui financier aux familles dont les enfants fréquentent les garderies privées.

Je n’ai fait ni de une, ni de deux ; je suis allée sur le site de l’ADQ – c’est la même formule qui revient partout, ne m’apportant pas de précision – puis je leur ai écrit afin de savoir laquelle des deux interprétations était la bonne.

C’est vrai quoi : je trouvais la nuance cruciale.  Imaginez si mon ami avait voté pour qu’on lui reconnaisse l’injustice de payer plus cher un service de garde alors qu’en fait la promesse tentait plutôt d’encourager sa blonde à rester à la maison ?

Et dans le cas contraire : imaginez si les médias et des tonnes de gens avaient mal interprété l’ADQ ?  Sautant trop vite à la conclusion qu’une fois de plus ce que ce parti prônait était « rétrograde » (le mot est beaucoup trop fort, c’est tellement vrai que les mamans à la maison manquent de reconnaissance, mais vous voyez ce que je veux dire)?   

Eh bien, tout ça pour dire que... le parti de l’opposition officielle n’a jamais daigné répondre à mon courriel.  Cela fait près d’un an maintenant.

Moi qui tentais de garder l’esprit ouvert, j’en suis quitte pour un silence radio...

Parentitude : Ode aux papas d’aujourd’hui

1167290878.jpgJe suis fière de ma génération.  J’aime ce que nous sommes devenus et ce à quoi nous aspirons. La qualité de vie, et plus particulièrement la vie de famille, est prioritaire; je le sens, je le vois souvent autour de moi (dire tout le temps aurait été exagéré. Il y a plein de gens qui courent comme des poules sans tête après des plans de carrière, des 80 heures/semaine, des airs bêtes et pratiquement pas de temps passé auprès de leurs enfants. J’ai juste l’impression que nous sommes une belle gang à renverser la vapeur !).  J’ai envie aujourd’hui de vous raconter comment j’aime l’implication des papas de ma génération.  

Des exemples?  En voici quelques uns, glanés par ci par là au fil des dernières années. Entrecoupés de photos de mon amoureux et mon fils prises entre Noël 2006 et le printemps 2008.  Parce que vous aurez compris que Jef s’implique de façon magnifique dans l’éducation de Léonard.  Je les prends souvent en photo, je les trouve tellement beaux ensemble !

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En randonnée aux îles de Boucherville, hiver 2007

 

 

Une de mes amies, qui a accouché il y a quelques mois, me racontait que son chum a reçu l’autre jour une convocation à un « meeting » pour... 18h30.  Je précise qu’il travaille pour une firme de publicité très importante.  La réponse qu’il a donnée à sa superviseure ? « À cette heure-là, je donne le bain à mon fils ! »

Je quitte la garderie à pied avec la poussette (et Léonard dedans ! J ).  Mon cousin arrive en vélo et installe ses petites puces sur le siège arrière et sur un siège placé entre la selle et le guidon. Ils rigolent tous le trois avant de disparaître au coin de la rue !

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Papillons en liberté, Jardin botanique de Montréal, 22 avril 2007 (Léonard porte le t-shirt de la Marche 2/3 2007)

 

 

Léonard a un gros rhume : direction CLSC.  C’est le matin et mon petit n’est pas le seul balade. Dans la salle d’attente, plein de papas attendent, seuls, avec leur progéniture.

Jean-François Lisée a écrit un texte charmant sur le fait d’être papa dans l’Actualité (je ne mets pas d’hyperlien puisque l’Actualité ne donne pas accès à ses archives – pfff).

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Toujours au jardin botanique, auprès d'un minet gris et doux

Les papas sont membres des c.a. et des comités de parents des garderies.

Un ami à moi a fait un bricolage très spécial avec son fils : des mini éoliennes en prévision de la manif anti-Surois à l’hiver 2004.

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Concerto pour violon à 4 mains (!) 

Une amie enceinte m’a dit qu’elle et son conjoint avaient décidé que c’est le papa qui vivrait le premier peau à peau à la naissance.  

Aujourd’hui, sous le magnifique soleil printanier, je me suis arrêtée dans un parc du Plateau avec Léonard.  Tant de parents, mamans et papas confondus, y jouaient avec leurs enfants !

Tiens, ça me fait penser...  Il y a de plus en plus de mamans qui allaitent.  Or j’ai parfois entendu ceux qui aiment moins l’allaitement que cela empêche les papas de s’impliquer autant.  Puis-je vous dire que j’en doute ?!  Et les bains, les dodos, les jeux, les promenades ?  Les papas, je persiste et signe, s’impliquent de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants, et ce à tous les niveaux. 

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Jeux de neige au chalet, janvier 2008

Et je peux vous dire que vivre sa parentitude en équipe, ça m'apparaît aujourd'hui comme un incontournable.  Fou de penser que ce n'est pas toujours le cas !   En tous cas, merci Jef !!!

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Les marionnettes loup et mouton en grande conversation !

Parentitude : Pas de maternité "lisse" pour Marie

Il y a longtemps que je veux aborder ce sujet ici et que j'hésite.  Aujourd'hui (15 janvier 2009), j'ai besoin d'écrire. Alors voilà, je me jette à l'eau.  Jovialistes s'abstenir.

 

Pourquoi aujourd'hui ?  Parce qu'aujourd'hui, j'ai encore appris que le bébé que je porte ne vit plus.  Que son cœur a cessé de battre il y a quelques jours.  Encore parce que le 23 janvier 2008 j'apprenais la même chose, de la même technicienne en radiologie, avec à peu près le même nombre de semaines de grossesse.

 

Je n'ai jamais pris pour acquis qu'avoir un enfant serait quelque chose de simple et instantané.  Ça me fascine toujours, les filles qui annoncent d'un air décidé qu'elles vont tomber enceinte à telle période, qui en effet font le test positif sans aucun test négatif avant, sont enceintes 9 mois, accouchent d'un bébé en santé, s'en occupent et trouvent ça donc merveilleux avoir un bébé.  Je vais vous faire une confidence : ça me rentre dedans ben raide.

 

Mais je caricature.  Il y a bien peu de filles qui ont vécu une maternité si lisse.  Les plus "chanceuses" de mon entourage ont presque toutes eu au moins un petit pépin.  Presque.

 

Il y en a plutôt beaucoup, beaucoup, beaucoup qui ont eu de gros pépins (je n'aborderai pas les difficultés qui arrivent durant la vie de l'enfant ni des maladies et handicaps des enfants - OUF !  Et bien sûr, je suis là à dépeindre des malheurs, mais j’ai aussi une pensée pour celles qui n’ont pas encore rencontré le père de leurs enfants, passé 30 ans !). Tout ce que j'énumère ci-dessous, je connais quelqu'un qui l'a vécu. Dépression post-partum avec hospitalisation et incapacité de s'occuper de l'enfant pour des mois. Bébé à coliques qui pleure 22h/24 pendant 8 mois. Enfant mort-né ou qui décède peu après la naissance. Conséquences ultra douloureuses post-accouchement : hernies discales, fissures anales, déchirure à l'accouchement vers le haut (ouch, oui, vous avez compris, jusqu'au clitoris… je connais DEUX personnes.  Une ce serait déjà trop). Deuxième et troisième grossesses qui se terminent durant le 2e trimestre pour cause d'utérus mal recousu après une césarienne. Bébé non viable (ex. manque les membres) diagnostiqué à l'écho de 20 semaines – c'est TARD ça ! Grand prématuré. Pré-éclampsie. Alitement forcé pendant toute la grossesse. Œufs clairs. Fausses couches à répétition.  Parfois plusieurs de ces pépins dans la vie d'une même femme (oui, oui). Stérilité pendant des années, voire toute la vie.  Etc. Etc. Etc.

 

Etc.

 

Mais c'est plus fort que moi : je voudrais tant vivre une maternité lisse.  Je voudrais tant y croire.  On a beau savoir tout ça, on retient surtout les histoires lisses.  On va peser sur un piton et hop, tout roulera comme sur des roulettes.

 

Mon cœur balance entre cette pensée positive et l'angoisse (de toutes façons, lorsqu'on pense positif, on se fait dire de ne pas trop y penser !  Hahaha !  Si on angoisse, on nous dit de penser positif !  Au secours !).  D'un côté, chaque mois d'essai bébé, j'y crois (et comme les symptômes de grossesse ressemblent à ceux qui précèdent les règles, j'y crois intensément, chaque fois, moua !); chaque jour de grossesse je visualise mon bébé qui grandit et qui naît en santé, autour de la date prévue d'accouchement.  De l'autre côté, depuis que mon amoureux a eu la varicelle début vingtaine et que quelqu'un nous a dit "problème de stérilité en perspective", on reste sur nos gardes.  Chaque étape, nous restons circonspects.  Ou plutôt, nous jonglons entre l'espoir, la joie et la prudence.  C'est pourtant irrationnel : je suis tombée enceinte 3 fois à 6, 6 et 4 mois.  Stériles ?  Pas pantoute.

 

Je parle de maternité lisse : j'aurais pu parler de l'espoir des 4 miracles, car pour moi, tomber enceinte = un miracle (un couple sur huit au Québec a des difficultés à concevoir et il faut en moyenne 10 mois en Occident pour tomber enceinte), passer le stade des 14 semaines = un miracle (1/4 des grossesses se termine avant 14 semaines, ce n'est pas rien), mener à terme une grossesse = un miracle (vous en parlerez à celles qui ont eu un/des prématuré(s)), mettre au monde un enfant en vie et relativement en bonne santé = un miracle.

 

J'ai vécu ces 4 miracles.  Quand je suis tombée enceinte de Léonard à l'été 2004, j'étais la même fille angoissée qu'aujourd'hui. Pendant six mois, on m'a dit "d'arrêter d'y penser" pour que "ça débloque" et que je tombe enceinte.  Nananananana, je suis tombée enceinte en y pensant nuit et jour, au 6e mois d'essais.  Puis, l'angoisse.  Ne pas passer le cap des 14 semaines : ouf.  Voir tous les membres du petit à l'écran : ouf.  Accoucher à terme d'un bébé en santé : ouf-ouf, et quel magnifique bébé !!!!!!!

 

Mais entre temps, j'ai eu une grossesse si pénible que je me demandais dans quelle galère je m'étais embarquée. J'ai relativement peu parlé de ma grossesse difficile avec mes amies virtuelles (alors que pour l'allaitement, oui), alors mini récapitulatif : fibrome implosé à 17 semaines, douleurs atroces puis utérus resté si fragilisé qu'une promenade au coin de la rue correspondait à des coups de couteau dans le col en terme de douleurs et que je ne pouvais rester couchée plus de 2 heures – imaginez le niveau de fatigue à l'accouchement, je ne dormais pas plus de 2 heures de suite depuis six mois; hypertension autour de 160 pendant des semaines, je me testais au boulot et me couchais sur le tapis à côté de l'ordi quand c'était trop haut; crampes qui me bloquaient la moitié du ventre (vous savez, le même genre que les crampes douloureuses de pied ou de mollet ?), diabète gestationnel avec doses d'insuline de plus en plus grandes, je me piquais donc 6 fois/jour pour la glycémie et l'insuline…  Ce diabète a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : à la clinique des grossesses à risques élevés (joli nom), on a coupé mes ailes. Le bébé risquait d'être trop gros.  De se disloquer une épaule au passage du col, ou que ce soit une césarienne. Il risquait l'hypoglycémie, la détresse respiratoire, la néonatologie.  Je devais suivre une diète sévère (pas plus de 6 raisins pendant la collation !) même si ça ne semblait rien donner (le taux d'insuline nécessaire montait en flèche).  Le médecin de garde à cette clinique joyeuse est le pire enfoiré que j'aie rencontré, il se comportait de façon hyper cavalière même avec ses collègues.  (C'est juste après m'être obstinée avec lui sur l'huile de ricin que j'ai perdu mes eaux !  J'étais déjà rendue à l'hôpital, avec mon papa adoré ! J) Heureusement que l'extraordinaire médecin qui me suit pour mes grossesses (je vais dire ça comme ça) tempérait tout en ayant une confiance chaleureuse en mes capacités.  Elle a eu raison : grossesse difficile, début d'allaitement difficile, baby blues sévère pendant un mois, fissures anales post-accouchement et chirurgie (donc 5 mois de douleurs quotidiennes) ne m'ont pas empêchée de vivre un bel accouchement !  13 heures positives sur 14 mois, quand même ! J

 

Ce soir, les pensées les plus irrationnelles, les plus destructrices frappent à la porte de mon esprit.  Des pensées qui correspondent parfois à ce qu'on m'a déjà dit: sans blague.  Je sais que ce n'est pas sain et j'ai hâte de retrouver les idées claires.  Mais il y a tant de discours culpabilisants dans notre société aujourd'hui que c'est difficile pour moi, angoissée de nature, d'en faire fi.

 

-         On ne devrait plus insister, c'est un signe.

-         Cinq ans d'écart entre 2 enfants : autant renoncer.  Surtout que j'aurai bientôt 35 ans et que je n'ai pas une bonne santé.

-         Ce doit être la caféine.  Les bonbons.  La fois où j'ai glissé sur 2 mètres dans la neige avec mon fils pendant les vacances.  Mon nez bouché qui m'empêche de bien m'oxygéner. Mes éternuements.  Quelque chose de malsain dans l'isolation du chalet. Le retour au travail après les vacances au chalet (même chose que l'an dernier !).

-         Je dois régler quelque chose – mais quoi ?  Je n'ai pas assez pleuré la dernière fois ?  C'est le deuil de mon père qui n'est pas réglé ?

-         Je parle ouvertement de mes difficultés d'être mère.  Ça me porte malheur.

 

Pfff !  Inutile d'en rajouter, c'est tellement pas constructif !  Pas rationnel !  Pas rien du tout !

 

Par contre, l’obstacle que j’aurai réellement à franchir, c’est celui du découragement de ce qui nous attend ; des mois d’essais.  Tests négatifs ou règles au tournant.  Attendre de faire certains trucs au cas où : voyage dans un pays en développement, traitement laser, plein de choses que je remets à plus tard en espérant que, que, que, pendant des mois. En vain, ou non ? Mais est-ce que ça va fonctionner de nouveau ?  Va-t-il s’accrocher ? Vais-je encore apprendre, après 6 ou 8 semaines à faire attention parce que je me sais enceinte, que c'est fini ? Si non, sera-t-il en santé ou aurai-je besoin d’un avortement thérapeutique ? Aurai-je un jour un bébé tout neuf dans les bras ?

 

Je vous laisse sur une note pleine de frissons de bonheur : mon souvenir de mes 3 tests positifs.  On n'y croit plus.  On dépose le test sur le rebord du lavabo.  On attend, le coeur battant : et si c'était encore négatif ?  Puis un regard de côté, on attrape le petit bâton de plastique, deux lignes roses, ou un + bleu, et quel sursaut de tout le corps devant ce signe si attendu ! Un clin d'œil venu d'une préparation chimique, préparation conçue en laboratoire puis en usine et distribuée par dizaines de milliers d'exemplaires se retrouve entre mes mains avec, quelques gouttes de pipi plus tard, le résultat : oui, oui, détection de la présence d'hormones de grossesse !

 

Une fois sur 3, ça a donné le plus merveilleux des petits garçons du monde.  Je m'en vais de ce pas l'embrasser tendrement.

Parentitude : Mitsou, Josée Blanchette, Mère indigne et Moi (ou encore : Mère blogueuse et fière de l'être !)

couv-chroniques2_900px.jpgL'impulsion pour écrire ce texte, que je voulais rédiger depuis un bout de temps, m'a été donné ces jours-ci à l'annonce du lancement des capsules vidéo-web de Mère indigne qui aura lieu à Radio-Canada le lundi 9 mars 2009 et auquel je participerai, avec 80 autres mamans blogueuses* : yééééé ! J'ai tellement hââââte !!!!

 

Qu'ai-je en commun avec Mitsou, Josée Blanchette et Mère indigne ?  (Et je pourrais ajouter bien des noms, dont celui de Nathalie Petrowski, mais je n'ai pas trop d'atomes crochus avec cette dernière sauf peut-être le fait qu'elle ait déjà écrit un éloge à la Grande Salle du Cégep de Saint-Laurent !)  Bien des choses, sûrement (dont nos ancêtres à Mitsou et moi !), mais un dénominateur commun certain, c'est notre besoin d'écrire sur notre maternité et nos enfants – et de publier nos textes. L'une dans un magazine, l'autre dans un magazine et dans un journal prestigieux et dans un blogue, la dernière dans un blogue.** 

 

Or, cela semble mettre bien des gens mal à l'aise. La plupart des personnes (amis, collègues, parents) de mon entourage détournent le regard, ont un petit sourire sceptique et/ou changent de sujet quand j'ose placer dans une phrase les mots – terrifiants – que sont "mon " et "blogue".  Comme si je venais d'avouer que j'étalais sur la place publique mes tripes, une thérapie intense en psychanalyse ou, pire, des anecdotes nauséabondes sur le régurgit du petit dernier !  Non, je ne suis pas Lynda Lemay*** ! J

 

Il m'arrive de me demander si Mitsou, Josée Blanchette et Caroline Allard alias Mère indigne suscitent le même malaise dans leur entourage en prononçant les mots "mon dernier billet dans Clin d'œil", "ma dernière chronique dans le Devoir" ou "le dernier billet de mon blogue" ?  Ont-elles été sujettes à l'opprobre silencieux pour avoir raconté…

… que ses seins ne lui appartenaient plus (j'ai souvenir d'un billet intitulé Les Seins de Stella…);

… que le tutoiement de l'infirmière avait bloqué ses contractions (cri du cœur à Il va y avoir du sport);

… que le périnée rendu "slaque" par l'accouchement était responsable des gouttes de pipi tombées sur la (oui, la, c'est voulu) trampoline de ses amis (je crois que c'est un texte inédit de Mère indigne puisque je ne le trouve pas sur son blogue mais qu'il fait partie du tome I) ?!

 

Heureusement pour nous, Mère indigne a déjà répondu fort habilement aux interrogations teintées de mépris du monde qui ne s'abaisse surtout pas à lire les blogues et encore moins à en écrire un. (C'est drôle, je pourrais utiliser un langage hyper méchant, vu que ce monde-là ne me lira pas !  Ha ha !).  Comme ses délectables billets indignes ont non seulement été publiés en livres deux fois plutôt qu'une (ça, c'est respectable !) mais se sont en plus mérités le prix littéraire Archambault 2008, elle pouvait se permettre de se "justifier" (le verbe choisi illustre bien le problème !).  Merci, merci, Caroline Allard !

 

En effet, dans une entrevue avec Christiane Charrette, elle répondait à peu près ceci à une question formulée à peu près comme cela (je ne suis pas une machine à verbatim – reformulations à ne pas prendre pour du cash ! -, mais j'ai une assez bonne mémoire J ) :

 

C. Charrette, selon mes souvenirs : Pourquoi avoir d'abord publié vos charmants textes sur un blogue au lieu de frapper à la porte d'une maison d'éditions ?

C. Allard, selon mes souvenirs : Pendant mon congé de maternité, lorsque j'ai voulu écrire des réflexions humoristiques sur ce que je vivais, j'ai ouvert un document Word et j'ai écrit. J'aurais pu attendre un an et accumuler les textes sans que personne ne les lise avant de tenter de les publier, mais il n'y a rien comme la rétroaction presque instantanée des lecteurs sur Internet; alors en publiant ces textes sur un blogue, j'ai eu le plaisir de lire les réactions de mon lectorat tout de suite, et au fur et à mesure.  C'est tellement agréable et stimulant !

 

En d'autres mots, on ne mesure pas la qualité des textes selon qu'ils sont d'abord publiés sur un blogue ou non !  Le blogue est un outil de publication, pas un "niveau" littéraire en soi. Il y a de tout pour tous les goûts sur la blogosphère, tout comme dans les bibliothèques et les librairies.  Il y a des livres pourris et des blogues d'un ennui sidérant (pourtant lus par des milliers d'internautes, comme quoi tous les goûts sont dans la nature); il y a des livres passionnants trop peu lus et des blogues géniaux trop peu commentés (le mien, par exemple. Héhé ! Je m'amuse, c'est mon blogue ici, hein ?! J)

 

Cela dit, je n'ai pas la prétention d'écrire des textes aussi bons que ceux de mes mentors mamans–qui-écrivent-sur-leur-maternité-et-leur-marmaille. Je souhaitais seulement revendiquer ici le droit d'écrire – mon blogue est mon espace de création personnel et, avec nos vies de fous, je suis plus qu'heureuse de mettre donné cet espace – et j'en ai un peu marre de la généralisation d'une perception de ce qu'est un blogue.  J'ai d'ailleurs déstabilisé des gens en leur rappelant qu'il y a des blogues d'essais politiques, de critiques littéraires, de corpus linguistique, de…  " Ah !  Les billets des blogues, ce sont des essais ?!"  Réponse : "Oui, parfois " !

 

Et je vais vous faire une confidence… Non seulement j'aime bloguer, mais j'apprécie beaucoup mes textes (dont celui-ci !).  J'ai développé un humour qui n'existait pas dans mon autre grosse phase d'écriture (l'adolescence !  Ce qu'on peut être intense à cet âge-là !) - une forme d'autodérision qui me fait un bien fou; mes textes sont truffés de références littéraires que je m'amuse à retrouver plus tard; j'ai l'impression de "construire quelque chose", billet par billet, tranquillement pas vite.  Un psy dirait peut-être que j'investis dans mon estime de soi ?  Et pourquoi pas !  Qui ne le fait pas dans son travail et ses loisirs, la plupart du temps inconsciemment ?  Et les artistes, ne font-ils pas tous un peu ça ? 

 

Quant au thème de la maternité, ma tête bouillonne de sujets à développer.  Je pense que nous assistons à une période cruciale de l'histoire de l'humanité – en Occident surtout car c'est un luxe rare – où les mères et les pères – surtout les femmes, mais bien des papas aussi – réfléchissent à leur statut de parents, à ce que la parentitude leur apporte et exige d'eux, à la révolution que sous-entend l'arrivée d'un enfant dans la vie d'un couple souvent trentenaire qui a eu une décennie de liberté presque totale, fait rare, encore une fois, dans l'histoire de l'humanité.  Et malgré nos vies de fous, on a le temps de se questionner sur nos rôles de parents, on a le temps de verbaliser ce que l'on vit (que les parents qui ne bloguent pas, ça ok d'accord, mais qui en plus ne verbalisent PAS ce qu'ils vivent autour d'un bon repas, une fois de temps en temps, avec d'autres amis parents eux aussi, se lèvent !!!)… et même d'en rire avec un talent fou, comme le fait délicieusement Mère indigne.

 

Ce texte a été rédigé un 8 mars. C't'un hasard.  Un sympathique hasard.

 

Son auteure tient à souligner la présence des Mama cool, Grande dame, Gaga mais avertie et autres Peccadilles, qui chacune à leur façon, avec originalité, perturbent la définition monolithique des blogues de mômans et redéfinissent la place des mamans blogueuses dans la blogosphère.

 

Mères de ce monde, à nos claviers !!!

 

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* Il y aura table-ronde avec Les (Z)imparfaites, Mamamïïïa et Martine la Banlieusarde (Oui, la Martine que je cite allègrement sur ce blogue depuis le tout début). J'arrive pas à y croire.  C'est mon bonbon de fin d'hiver !

** Les trois sont régulièrement invitées dans les médias à commenter, entre autres, des thèmes reliés à la maternité. Oh, shocking !

*** Et même si je l'étais ?!  Martineau aurait encore plus mal au cœur dans la vie, pôvre de lui, mais ça ne l'empêcherait pas d'être marié avec une femme qui, elle itou, aborde la maternité dans un blogue, un magazine, et dans les médias en général.  Et toc !

**** En passant. Guy A., fallait offrir un Gin tonic à Mère indigne à TLMEP !  Y'avait pas de fans parmi vos recherchistes ?!

Parentitude : Un "J'aime, j'aime pas", sauce virtuelle au gin tonic

mereindigne.jpgLundi soir 9 mars 2009, je suis à Radio-Can pour rencontrer toute une gang de mères blogueuses (et accessoirement, me dilater la rate en écoutant en primeur les webizodes de Mère Indigne ! J).

 

J'aime ?  J'aime pas ?

 

J'aime le gin tonic.  C'est frais, pétillant, à peine sucré, et ça ne te tombe pas dessus comme d'autres alcools-à-saveur-de-mal-de-bloc !  Les organisateurs de l'événement ont eu de la suite dans les idées, car qui dit Mère indigne dit gin tonic, tout le monde sait ça (sauf la gang de Tout le monde en parle !)

 

J'aime pas les cocardes remises à l'arrivée (exercice pendant lequel je croise immédiatement Évangéline !  C'est l'fun !).  Cocardes qu'on se passe inélégamment autour du cou et sur lesquelles sont écrits en tout petit nos vrais noms et l'adresse de notre site.  Comment voulez-vous qu'on se reconnaisse facilement ainsi ?  C'est qu'on se connaît d'abord par nos pseudos, et nous ne publions pas toutes nos photos sur le blogue.  Alors dans cette atmosphère feutrée (lire : sombre !), vais-je approcher mes yeux de chaque cocarde (qui pendouille sous la poitrine ou au-dessus du nombril, c'est selon) pour risquer de m'écrier : "ah, non, j'te connais pas !" ?!  (Bref, le pseudo écrit en grosses lettres aurait vraiment aidé !!!)

 

J'aime que, heureusement, des âmes charitables m'identifient des blogueuses de loin. Je peux ainsi saluer celles que j'estime depuis si longtemps, comme Grande dame !  D'ailleurs, je suis heureuse d'échanger, même trop brièvement (snif), avec cette dernière : mes billets de voyage, sa plume magnifique, et un début de méta réflexion sur les blogues de mamans J  Quant à son intervention au micro, c'est tellement ÇA !!!! Moi aussi j'écris sans cesse dans ma tête.  Obsessionnel, sûrement ! J  Et j'arrive à publier seulement 10% de ce que je voudrais aborder et écrire, bordel !  J'ose pas imaginer ce qu'il en est pour elle, avec sa belle grande famille !

 

J'aime la magie de saluer une blogueuse qui m'inspire depuis les tous débuts (Martine la banlieusarde) en affirmant : "Je suis Marie l'urbaine" et de l'entendre me répondre chaleureusement : "Mais oui !  Et je te reconnais !!!"  Je n'ai donc pas halluciné, il existe bel et bien une Marie l'urbaine sur le web. Elle représente un pan de plus en plus important de mon identité !

 

J'aime retrouver Lucie avec qui j'étais allée à la Foire Bio-paysanne il y a plus d'un an.  Il y a plus d'un an ?  Ça aurait pu être hier ! J

 

J'aime pas la sensation de mes oreilles qui chauffent.  Ben quoi, j'avais pas mis de boucles d'oreilles depuis le mariage de frérot il y a plus de six mois, moua ! 

 

J'aime rencontrer en vrai les trois sœurs Anne-Lise, Renée-Claude et Marie-Pascale.  Ces trois-là, j'ai toujours su que je m'entendrais bien avec elles (en fait, virtuellement, ça fait un bon bout de temps que ça dure ! J).  Elles sont magnifiques !  Vraiment !

 

J'aime pas le sentiment ambigu qui m'étreint quand je croise Mère indigne accompagnée de Fille aînée (ben quoi, moi j'ai l'impression de super bien la connaître – enfin, de connaître une partie de son univers bloguesque, hein – mais elle sait à peine qui je suis !  On agit comment dans ces cas-là ?!) On se salue donc comme si c'était tout à fait normal, ça se passe de façon toute sympathique… et là, elle nous donne des nouvelles -toute simples - de Bébé.  Ben là, moi, moi, j'ai juste envie de tenter une joke sur Poisson méssant et les zizi-pénis !!! 

 

J'aime que Fille aînée prenne des photos de Stéphane Archambault lorsqu'il prend la parole aux côtés de Marie-Hélène Thibault, la réalisatrice, Caroline Allard et France Beaudoin.  Elle fait bien !  Moi, mon appareil rend le tout flou, pppfff !  Heureusement que j'oublie toujours que ce superbe acteur est aussi le chanteur de mon groupe préféré, Mes Aïeux, car sinon je deviendrais dingue. Mais non. C'est comme si il y a avait deux Stéphane Archambault dans ma tête, le chanteur et l'acteur, et c'est sûrement mieux comme ça ! J

 

J'aime apercevoir enfin mon amie Marie-Julie, alias Mama cool (le livre sortira le 5 mai 2009 au Québec !), pendant le panel sur les mamans blogueuses.  Notre virée de chocolat chaud date d'il y a un an déjà il me semble, mais depuis, on a pris un plaisir fou à lire chacune les textes de l'autre !  Alors c'est l'occasion de se voir en personne, de jaser de films taïwanais, de journalisme, de la liberté possible de la jeune maman (!), etc., et d'échanger sur nos niveaux d'angoisse (je lui ai dit, pour E.T… Ah c'est vrai, à vous je ne l'avais pas dit encore, oups !).  J'apprécie ce qu'elle dit sur son besoin d'évasion, surtout les 2 premières années de sa fille: elle préférait lire des blogues de voyages par exemple, plutôt que de lire sur la maternité, alors même que son quotidien en était fait, et qu'elle rédigeait déjà en plus ses chroniques de Mama cool ! C'est un pendant intéressant au phénomène des blogues de mamans, justement. Et dans mon cas, je me situe un peu entre les deux.  J'ai eu et j'ai encore besoin de lire et d'échanger sur la parentitude, mais j'ai aussi besoin d'évasion – BEAUCOUP, en fait !  Mon blogue reflète cela, je pense…

 

J'aime pas ressentir une timidité qui augmente et qui fait que je n'ose plus, après un certain moment, interpeller de nouvelles personnes (dont celles que je lis plus « silencieusement » mais que j’aurai aimé saluer, appréciant beaucoup leur plume : Madame Unetelle, Joa..).  Insinueusement, je sens que ça risque de gâcher la fin de ma soirée. Bon, quand Peccadilles passe devant moi, je la salue (j'adore son style.  Unique et pissant !).  Mais bon, c'est ça un événement de ce genre : on va et vient, on est interpelé de toutes parts, on fait ce qu'on peut, bref, ce n'est pas le bon moment pour rigoler avec elle, toute une gang se prépare à aller au resto (celles que je connais le plus n'y allant pas, je n'ose pas.  Pfff).  Tant pis pour moi !

 

J'aime découvrir le monde des journalistes avec MarieJu.  J'écoute leurs histoires de scénaristes, de pigistes, de blogueuses professionnelles aux prises avec des commentateurs agressifs (ce que connaissent peu les mamans blogueuses !).  L'une d'elle a une idée que j'entérine absolument : créer un blogue de défoulement sur le thème de… ben non, j'peux pas écrire ça, même pas ici !

 

J'aime pas me sentir gaffeuse alors que je ne le suis peut-être pas : quand nous tombons sur Marie-Hélène Thibault dans le vestiaire, on la félicite bien sûr, puis je ne peux pas m'empêcher… de lui raconter l'anecdote de mon test de grossesse.  C'est quand même pas tous les jours qu'on rencontre une actrice dont le test de grossesse qu'elle manipule dans une scène est en fait le sien, non ?! En tous cas, on se met à parler de ces séries télés, films ou téléromans où les femmes qui viennent d'accoucher font du jogging, vont à tous les 5 à 7 et ont full libido … et on rit bien toutes les trois !

 

J'aime pas que certaines de mes blogueuses préférées n'y soient pas : mon amie Isabelle ?  Milou ?  Mamou ?  Silvana ?  J'aurais aimé vous y voir ! J

 

Bref…

 

J'aime retrouver dans les yeux de certaines l'estime mutuelle et le sentiment d'amitié virtuelle que l'on ressent lorsqu'on se visite d'un blogue à l'autre.  J'aime ces filles-là, je suis contente de les connaître et d'échanger avec elles. Ça ne s'explique pas ! Il est difficile de décrire ce sentiment d'appartenance.  Récemment, une maman blogueuse a perdu son bébé et la réponse a été d'une générosité et d'un soutien impressionnant.  Je ne suis pas surprise.  On se tient les coudes.  Étrange mais vrai !  Et c'est tout spontané : JulieJulie m'a offert un lift à la fin de la soirée alors qu'on ne se "connaissait" même pas !  Merci chère Julie dont le talent de photographe est super inspirant ! J

 

J'aime cette solidarité.  Lorsqu'Anne-Lise et ses deux sœurs viennent me saluer avant de partir, Anne-Lise, qui a assez de soucis de fin de grossesse comme ça, me souhaite de la chance pour un prochain bébé.  Ça me touche énormément.  On dira ce qu'on voudra, j'ai reçu énormément d'appui virtuel (surtout sur un forum) lors de mes fausses couches.  Et ce geste spontané d'Anne-Lise, c'est le top du top ! J

  

Pour voir des photos : ici !

 

Bon, je publie après toutes les autres.  Toute la blogosphère maternelle a déjà raconté l’événement.  Moi, j’ai tenté de célébrer mon indignité en écrivant cent fois le texte ci-dessus dans ma tête au cours des journées qui précèdent au boulot, sans arriver au bout de mes todolists pour pouvoir écrire pour vrai. Bref, j’ai pas été ben indigne, peuh ! - sauf peut-être quand j’ai pris le métro, marché et traversé les rues le nez dans le Tome II, au risque de me tuer (y’a plein d’inédits et j’ai déjà attiré l’attention en public plus d’une fois quand je m’esclaffais de rire, à cause de Bébé et de Fille aînée... « flambette » ! Oh là là, trop pissant !)

Parentitude : Longue vie à Mama cool !

1001060-gf.jpgÀ Mama cool, je souhaite des tas de macarons au Nutella. Des tas de voyages partout sur la planète. Des tas de merveilleux moments avec sa fille. Du succès ? En masse, du succès de librairie, que je lui souhaite ! :) Courez vite vous procurer un exemplaire de son livre, il est disponible dans toutes les bonnes librairies (et même chez Jean-Coutu !!!)

Je connais Marie-Julie Gagnon depuis 2003. On pourrait dire que c’est une amie surtout virtuelle, car je crois bien que nous nous sommes vues en chair et en os à peine plus d’une demi douzaine de fois (dont une fois chez Scott Price... mais ça, c’est une autre histoire :)) ! Comme nous sommes fascinées par les réseaux sociaux sur Internet, nous avons pris plaisir à pactiser sur le web. (D’ailleurs, vais-je finir par succomber à Twitter comme elle le souhaite ? Je tente de résister... Pourrai-je tenir bon aussi longtemps que pour Facebook – 10 mois, pfff ?!)

Pactiser ? D’abord parce que nous avons une passion commune, les voyages. Partir. Prendre le large. Plonger dans l’inconnu et accuser les chocs des cultures avec le même plaisir que ceux qui aiment les excès de vitesse ou les sports extrêmes ! Rouler longtemps à bord d’un train ou d’un bus et se saouler du paysage – surtout si on ne sait pas trop ce qui nous attend à destination. Même l’attente à l’aéroport nous grise – et depuis qu’elle m’a fait découvrir les jelly bellies, alors là, quel plaisir que d’attendre un avion dans un No man’s land aux fauteuils inconfortables à des heures indues !!!

Ensuite, il y a l’amour des mots. Écrire. Lire. Écrire. Lire. Un p’tit statut Facebook par-ci, un billet de blogue par-là, pour moi ça s’arrête là (au boulot je suis amenée à écrire – avec passion d’ailleurs - mais je ne publie pas comme Marieju, snif !); Marie-Julie, elle, est journaliste pigiste, et elle écrit à profusion dans Clin d’œil, La Presse, Espace Canoë, et j’en passe ; elle avait déjà deux livres à son actif avant Mama cool (Embarquement immédiat avec entre autres le portrait de mon frérot, vous savez celui qui s’est marié à l’été 2008 ? :) et Cartes postales d’Asie – oui oui, deux livres portant sur le PARTIR AILLEURS, ha !). Et c’est CAPTIVANT !

Cerise sur le sundae (tiens Marie-Ju, ça me fait penser que je suis sérieuse à l’idée de faire la tournée des maîtres crémiers de Montréal pour déguster d’la crème à glace à la manière de ta tournée de macarons parisiens :)), nous sommes mamans ! Et les mamans, règle générale, ça aime pactiser, hmm ? Alors imaginez quand elles adorent écrire, adorent voyager , adorent boire du chocolat chaud, en plusssss !!!

Bon, ça c’était mon introduction au sujet de ce billet : le livre Mama cool (vous comprenez pourquoi je ne pourrais être journaliste ? In-ca-pa-ble de ne pas faire de longues intros, de longues digressions, de longs billets. Scusez !!!!!!!!!!!) !

Bon, OK, quand j’ai eu Léonard, j’étais « prête » à tripper purées maisons et couches lavables. En fait, je venais de vivre une vingtaine endiablée et j’aspirais à un peu (UN PEU !) de routine. Et comme j’ai accumulé un déficit de sommeil dont je me remets à peine 4 ans plus tard (je suis traumatisée À VIE !), je me suis délectée des petits bonheurs du quotidien. Je m’en délecte encore (cette année j’ai fait des biscuits de Pâques ! Faut le faire ! :)). Mais Mama cool m’a reconnectée avec une fantaisie qui ne demandait qu’à refaire surface !!!

Car Mama cool veut bien être maman, mais pas matante. Elle assume ses lubies avec un humour décapant. Une cuillérée de Nutella par-ci, du beurre brûlé au fond de la poêle par-là, Mama cool est une maman aimante (à vraie dire, je connais peu de mamans aussi engagées pour leur enfant que Marie-Ju !!!) qui ne cuisine pas, n’aime pas vraiment aller au parc, mais adore le shopping, les séries télé et Johny Depp !

Je n’arrive pas à la définir avec la bonne humeur dont elle serait capable; lisez-la vous-mêmes, vous vous délecterez de ses folies (je l'ai lu d'une couverture à l'autre en une journée - je lisais en marchant, même en traversant la rue, OUPS !). Moi ça m‘a fait un bien fou en la lisant de redécouvrir chez moi mon p’tit côté rebelle. J’avais presque oublié que parfois, un p’tit côté marginal, voire non-conformiste, c’est rafraîchissant. (Mais pas nécessairement pour les mêmes choses que Mama cool. J’aime bien le Nutella, mais le shopping, AU SECOURS !)

C’est peut-être pour ça que j’aime bien affirmer que le fait de devenir maman m’a fait capoter (dans le sens de : j’peux-tu dormir là maintenant siouplaît y’a plus rien qui compte sinon j’va devenir folle ?!)), que j’haïs ranger et adore le bordel, que je fais mourir toutes les pauvres plantes qui tentent de vivre chez moi, que je m’en fiche que mon sac soit décousu et pas pantoute dans les tons de mon chandail troué ! Bref, que je décide peu à peu que ce qui est « déshonorable » dans notre monde de performance, ben moi, je l’assume ! (Ou en tous cas, que je commence à l’assumer ! Je me souviens de la face des mamans du CLSC lors des rencontres « Parlons bébé » quand je disais que lorsque mon bébé de 6 mois se réveillait le matin je préférais lui donner le sein au lit pour qu’il se rendorme avec moi, quitte à ce qu’il déjeune à 11h, dîne à 15h et soupe à 21h !!! Ouh là là !)

Un passage de son livre en particulier m’a rappelé que si la routine rassure beaucoup de gens autour de moi, de mon côté j’ai le droit de lui préférer l’inconnu, le mouvement, l’inattendu. Et justement, ce fut inattendu pour moi de découvrir cette idée dans le cadre du sujet qu’elle abordait – le sexe de son enfant. Car de mon côté, avant d’avoir Léonard (que je n’échangerais pour RIEN au monde, maintenant que je le connais ! :)), j’avais peur d’avoir un garçon parce que dans mes années d’enseignement ça avait souvent moins bien cliqué avec les gars; Mama cool, elle, se disait qu’avoir un garçon aurait été excitant justement parce que l’inconnu est fascinant ! Avoir su qu’on pouvait appréhender la venue d’un bébé du sexe opposé comme le début d’un voyage dans un nouveau pays, j’aurais eu bien moins peur ! J’aime tellement atterrir quelque part et me laisser étonner par chaque détail !

À leurs manières, Peccadilles, Mère indigne et les (Z)imparfaites aussi assument leurs différences – chacune avec un ton, un angle, un style complètement différent – ne pas confondre Mama cool et ces blogueuses, elle est unique, tout comme elles !

Je terminerai avec une phrase toute simple de Marie-Julie qui m’a vraiment plu. Après avoir publié sur son blogue un billet sur l’unicité de ses chroniques après lecture de celles de Mère indigne, elle commente (faut savoir que Mère indigne hache menu plein de légumes quand Fille Aînée lui raconte ses péripéties amoureuses de cour d’école):

J’ai oublié une autre différence majeure entre nos deux livres: Mère indigne cuisine ! J’avoue avoir découvert un aspect thérapeutique intéressant au «hachage» des légumes. Faudrait que je m’y mette (heu, mais on fait quoi une fois qu’ils sont coupés?)

:) :) :) !