Parentitude
Transgresser les règles pour mieux allaiter
Les lubies d’une synesthète qui essaie de faire un bébé
L’ADQ et les garderies, silence radio
Ode aux papas d’aujourd’hui (NOUVEAU !)
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Catégorie : Léonard
Médias : Une famille "plus verte" dans le Bien Grandir
Médias : Mon test de grossesse passe à la télé !
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Parentitude : intro
Devenir parents, c’est la plus grande source de joies du monde, mais c’est aussi une source d’angoisse et d’inquiétude inversement proportionnelle aux nombres d’heures de sommeil que notre état nous alloue !!!
Jef et moi sommes tellement transformés par le fait d’être parents que j’ai eu envie de créer une catégorie sur notre « parentitude ».
Ben oui, quoi, un mot qui n’existe pas. Nous les parents, on ne s’en lasse pas, même si on en a l’habitude !
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Parentitude : Transgresser les règles pour mieux allaiter
31 juillet 2007 - mon allaitement, avec recul...
J’ai allaité pendant 13 mois, par choix. Avec conviction et, petit à petit, avec plaisir (à la fin, c’était très certainement par pur plaisir ! J’ai arrêté parce que fiston a cessé de vouloir téter !) Maintenant que Léonard a plus de 2 ans, je repense à ces doux moments avec une quasi nostalgie. Et j’ai hâte d’allaiter, un jour, un deuxième bébé !
Pourtant... Les premières semaines d’allaitement furent très difficiles. Non seulement j’ai collectionné les problèmes – gerçures, crevasses, muguet et mastite en même temps, lorsque le petit a eu une semaine – mais en plus, j’ai d’abord reçu une « aide » que je qualifierais d’inappropriée. En fait, j’ai été à un cheveu d’arrêter complètement de donner le sein, d’un seul coup; ce qui a sauvé mon allaitement, c’est tout d’abord l’empathie d’une infirmière dans un autre CLSC que le mien – empathie : donc reconnaissance de ma douleur, de ma peine, et refus de perpétuer la souffrance – et l’aide d’une excellente conseillère en allaitement. Si je n’avais reçu que les conseils des infirmières de l’hôpital, de mon CLSC, du Mieux vivre avec son enfant 2005 et du Guide Nourri-source... mon expérience d’allaitement aurait duré une semaine et me laisserait que de mauvais souvenirs ! Et cela aurait été tellement dommage.
C’est pour cette raison que, lorsque mon petit a eu 4 mois, j’ai écrit un texte sur mon histoire (voir ci-dessous). Tout simplement parce que je crois que le purisme en matière d’allaitement peut nuire plus qu’aider. Parce que la souffrance n’a pas sa place dans le magnifique geste d’allaiter. Parce que je crois qu’une approche plus souple peut faire la différence. Enfin, parce qu’une femme qui vient de vivre une grossesse de 9 mois, qui vient d’accoucher, qui a peut-être le périnée déchiré, qui a les hormones qui jouent au yo-yo, qui ne dort presque pas et qui est en plein baby blues mérite de recevoir autre chose qu’une liste de contre indications sans fin et, dans certains cas, culpabilisantes. Si elle souffre, elle mérite qu’on reconnaisse cette souffrance et qu’on lui propose des accommodements et des solutions afin que cette souffrance cesse. Pour elle, et pour son bébé – une maman détendue, reposée, confiante, n’est-ce pas ce dont un bébé a le plus besoin ?!
J’ai un rêve : qu’il y ait un jour non seulement des hôpitaux certifiés « amis des bébés », mais aussi « amis des mamans ». Cela paraît évident, et pourtant !!!
13 septembre 2005
Comment c’est en transgressant toutes les règles de l’allaitement que j’en arrive aujourd’hui à allaiter mon bébé avec bonheur !
En effet, j’allaite avec bonheur mon bébé de plus de 4 mois, un bébé resplendissant de santé, épanoui, qui dort bien, tête bien, rit aux éclats et nous fait les plus beaux sourires du monde. Pourtant, dès ses premiers jours de vie, j’ai collectionné simultanément de nombreux problèmes (gerçures, crevasses, mastite, muguet, le tout combiné à un baby blues très sévère) et j’aurais arrêté l’allaitement si je ne m’étais pas donné le droit de transgresser toutes les lois des puristes en la matière ! Alors aujourd’hui j’ai pensé témoigner de mon expérience... Pas pour dire aux femmes « vous devez faire ci ou ça » mais bien plutôt pour illustrer que l’important est de se respecter et de s’écouter plutôt que de culpabiliser en s’en tenant à des règles strictes même lorsque nos besoins diffèrent !
Mon choix : allaiter
Depuis toujours, bien avant de tomber enceinte, mon choix est fait : je veux allaiter. Pour toutes sortes de raison : c’est naturel; pratique (toujours stérile, à la bonne température); ça favorise les liens maman-bébé, peau à peau; ça prévient toutes sortes de problèmes de santé chez le bébé et chez la maman; et ça évite d’encourager ces satanées multinationales, comme Nestlé ! D’ailleurs, avant même d’accoucher, mon objectif est d’allaiter au moins jusqu’à ce qu’il soit possible de donner du lait de vache (9 mois) pour éviter les préparations lactées qui, toutes, contiennent des OGM et sont manufacturées par des multinationales aux gestes à la moralité douteuse. Bref, à la naissance de mon bébé, je commence à allaiter avec enthousiasme et aucun préjugé.
Comme c’est étrange, pourtant... Dans les livres, on insiste beaucoup sur les nombreux avantages de l’allaitement, mais très peu soulignent certains éléments de l’allaitement qui font aujourd’hui de moi une femme qui est, oui, heureuse d’allaiter, mais pas à n’importe quel prix ! En voilà deux :
- La fatigue. Je n’avais pas conscientisé le problème du sommeil en lien direct avec l’allaitement. En effet, quand on allaite à 100% et que le petit boit systématiquement aux 2-3 heures, on ne dort jamais plus de 2h d’affilée. Bonjour la fatigue ! Certaines personnes ont besoin de beaucoup de sommeil pour fonctionner ou à tout le moins pour avoir le moral. C’est mon cas. Dans les pires moments, je me suis mis à envier follement celles qui ont choisi le biberon et dont le conjoint peut donner un boire de temps en temps, permettant à la maman de dormir un petit 5 heures ! Dire que j’ai lu le conseil suivant dans le cas où le bébé a une poussée de croissance ou qu’on a une mastite ou autre problème douloureux : « allaitez plus souvent ET reposez-vous ». Ha ha ha ! Quel sens de l’humour !
- Déshydratation/constipation. On nous dit de boire beaucoup lorsqu’on allaite car la production de lait demande beaucoup de liquide. J’ai bu beaucoup, beaucoup et je bois toujours beaucoup, beaucoup. Sauf que la constipation est devenue tellement grave un mois après l’accouchement que je me suis retrouvée avec des fissures anales – et j’ai dû subir, après trois mois de douleurs insoutenables, une chirurgie ! (Oui, je sais, je ne suis pas chanceuse !) Avoir su que la déshydratation pouvait aller si loin, j’aurais pris le problème plus au sérieux (qu’est-ce que la constipation lorsqu’on a déjà tous les problèmes cités ci haut ? C’était le moindre de mes soucis !) en prenant un supplément de fibres, par exemple.
Première loi transgressée : la suce (ou « sucette d’amusement »)
Dès le 2e jour de vie de mon bébé, juste avant que nous quittions l’hôpital, une infirmière nous recommande de donner la suce à notre bébé car il pleure même après un boire de 40 minutes (20 minutes par sein) de colostrum. Elle nous dit que les bébés ont parfois envie de téter pour téter. (Et compte tenu de l’état de mes mamelons dans les premiers jours, une chance que je ne le laisse pas téter pour téter !!!)
Eh bien, depuis ce jour, nous lui offrons parfois la suce... mais ça ne l’intéresse pas trop ! À part lorsqu’il a soudain très faim et que nous sommes sur l’autoroute, par exemple, et que nous devons attendre quelques minutes avant de pouvoir lui donner le sein. Dans ce cas, c’est bien pratique, ça le fait patienter (bien que mon petit doigt fasse aussi l’affaire). Sinon, ça ne l’a jamais empêché de téter le sein.
Deuxième loi transgressée : le biberon
Au 7e jour de vie de mon bébé, il a une soudaine poussée de croissance et veut boire aux heures. Or, mes mamelons sont en sang; j’ai des crevasses, des gerçures, du muguet, une mastite (et pourtant j’ai fait tout ce qu’on m’avait dit de faire pour éviter cela... mais je suis épuisée.) J’ai si mal, je suis si fatiguée et je suis si triste (je vis un baby blues sévère et les infirmières et les médecins du CLSC vont envisager de me médicamenter) que je n’arrive plus à nourrir mon bébé. Je tressaille de douleur dès que mon amoureux approche le bébé vers moi. J’appelle en larmes toutes sortes de services. À Info-Santé, on me relit tout le baratin que j’ai déjà lu dans le Mieux vivre et dans le Nourri-source; mais je n’en suis plus aux douches chaudes ni à la lanoline, et autres trucs préventifs, tout ce que je souhaite c’est que mon petit bébé boive à sa faim sans toucher à mes seins !!! Une parente qui a elle-même une marraine d’allaitement et possède une expérience d’allaitement super positive me conseille de changer de position (j’alterne déjà entre madone inversée et football). Mais je n’en suis plus là non plus, je souffre trop. Je me précipite à l’hôpital où une infirmière offre une préparation lactée à mon bébé, qui l’engloutit. Je suis si émue de le voir ainsi, de profil, les yeux grand ouverts, téter goulûment son biberon ! Enfin il boit et n’aura plus soif.
Troisième loi transgressée : le tire-lait
Ce soir-là, nous louons un tire-lait. C’est une véritable course contre la montre car les pharmacies vont bientôt fermer et je passe des heures au téléphone avant qu’une d’entre elle me confirme qu’il reste un tire-lait de disponible. Ouf, je pourrai continuer à stimuler ma production de lait... en attendant. Et heureusement, ça ne fait pas mal. Je suis si fatiguée, stressé, et triste que ma nouvelle panique concerne la stérilisation des biberons. Je passe mon temps à les faire bouillir alors que j’apprends ensuite qu’il est nécessaire de les stériliser à l’achat et qu’ensuite l’eau chaude et le savon suffisent.
Dans les jours qui vont suivre, nous donnons plusieurs biberons au bébé, soit de lait maternel, soit de préparation lactée. Je donne le sein de temps en temps mais le saignement revient et la mastite rend la moitié de mes seins rouge tomate.
Durant ces quelques jours, je pense passer aux biberons à temps plein un nombre incalculable de fois. C’est grâce aux gentilles personnes qui m’ont aidée par la suite qu’il n’en sera rien.
Dire que la marraine d’allaitement de ma parente, lorsqu’elle a appris que j’avais utilisé un tire-lait, a réagi en s’exclamant : « Oh non, elle n’a pas commencé ça ! »... Non mais ?!
Oh surprise, mes copines se mettent à me raconter leurs difficultés du début de l’allaitement !!!
Tout à coup, j’en entends de toutes les couleurs. « Je mordais dans une débarbouillette mouillée quand le bébé prenait le sein », « je mordais dans de la glace », « ma petite régurgitait sang et gales ». Comme quoi ce n’est pas toujours aussi merveilleux que ça en a l’air, hein ? Même chose pour le baby blues. Les discours changent depuis que j’en parle ouvertement. Certaines ont consulté, disent que ce fut bien loin d’une lune de miel le ou les premier(s) mois... Ce qu’on se sent moins seule quand de vrais témoignages nuancés percent le discours unique du bonheur total !
Vive la conseillère en allaitement !
Plus de douleur. Une méthode qui fonctionne vraiment. Ça y est ! On ne fait pas « le sandwich » avec le sein au complet mais avec l’auréole seulement; on peut même entrer ses deux doigts dans la bouche pour être sûre que le bébé prenne assez grand. Pour mieux diriger le bébé vers le sein, y’a rien comme de lui tenir les deux oreilles depuis l’arrière de sa tête.
Mais pourquoi n’y a-t-il pas de conseillère en allaitement à l’hôpital ? Pas que les infirmières ne soient pas bien intentionnées, seulement ce n’est pas leur spécialité... Merci à Chantal, grâce à qui j’ai retrouvé toute ma motivation à allaiter. Sans douleur. Avec bonheur. Mais après un temps d’arrêt pour laisser reposer mes seins, grâce au tire-lait et au biberon, hein !
Quatrième loi transgressée : l’eau !
C’est la canicule et bébé boit presque sans arrêt. Bien sûr, dans les documents sur l’allaitement, pas question de donner de l’eau au bébé (le début du boire est plus aqueux et désaltère le petit...) Je n’ose donc pas en donner. Une jeune maman qui parle de ses soirées où elle allaite presque sans arrêt, dans une rencontre « parlons bébé » du CLSC, se fait répondre du tac au tac : « pas d’eau » ! Et pourtant, mon médecin qui m’a suivie pour ma grossesse me le recommande dans ces situations extrêmes où bébé boit sans arrêt, en pleine chaleur. Même la diététiste du CLSC le recommande – une toute petite quantité d’eau chaque jour, dit-elle ! Alors quoi ?...
... Je n’ai donné d’eau qu’une seule fois à mon bébé. Mais j’aurais pu en donner une petite once de temps en temps les soirs de canicule. Comme si les femmes ne pouvaient pas faire la différence entre le fait de donner de l’eau au lieu du lait plusieurs fois par jour et des situations exceptionnelles ?!
Vive l’allaitement mixte ! (et donc le biberon...)
Peu à peu, donc, l’allaitement se vit sans douleur, et je redécouvre que ce peut être, en effet, une méthode pratique, simple, agréable. Mais le problème de la fatigue n’est pas résolu pour autant. Je suis épuisée (entre autres, le petit boit parfois de 17h à 1h presque sans arrêt ! Ouf !) Et comme mon copain a expérimenté le biberon auprès de notre petit pou pendant la période de douleurs intenses, il m’offre de donner le boire de l’aube. Ainsi, si le petit demande à boire entre 5h et 8h du matin, il lui donnera le biberon. Et comme je suis épuisée, pas question de prendre une heure par jour pour tirer mon lait pour ce biberon, puisque l’objectif est que je DORME un peu ! Alors il s’agira de préparation lactée. Je me dis que, un boire sur huit, c’est loin d’être considérable ! Eh bien, je peux dire aujourd’hui que ce fut rien de moins qu’une thérapie. Lorsque je donnais un boire à 2h, 3h ou 4h du matin, je savais qu’au prochain je resterais au lit pour dormir un bon 4 heures en ligne. Ma santé (physique et mentale) s’est considérablement améliorée dans les jours qui ont suivi cette décision... Sans compter que le papa a apprécié ces moments d’intimité en tête à tête avec son petit (bien qu’il y en avait d’autres, bien sûr !) Nous avons procédé ainsi jusqu’à ce que le petit dorme 6, 7 heures en ligne, et ce de plus en plus souvent, à partir de l’âge de trois mois. Maintenant, nous n’avons plus à lui donner de biberons (sauf le jour de ma chirurgie où il l’a repris comme si de rien était pour ensuite reprendre mon sein sans problème).
Quand je raconte ce que j’ai vécu, on me fait souvent la remarque suivante (c’est le cas d’une infirmière, entre autres) : « Et vous avez quand même continué ? La plupart des femmes auraient jeté l’éponge depuis longtemps. Bravo ! »
***
En serions-nous déjà à l’étape de l’introduction des aliments solides ???
Mon petit aura cinq mois dans deux semaines. Il boit beaucoup, beaucoup le soir avant de dormir. On se dit qu’il sera sans doute bientôt prêt pour les céréales. J’ai commencé à préparer et à congeler de bonnes purées avec les légumes bios que je reçois comme participante au projet d’Agriculture soutenue par la Communauté d’Équiterre. Alors... qu’attendons-nous pour commencer à introduire les aliments solides ? D’abord, j’attends que ma convalescence soit finie (quand on se fait opérer au derrière, y’a rien comme d’allaiter couchée !!!). Ensuite, je conscientise peu à peu ce que signifie ce changement puisque l’allaitement est devenu quelque chose de très doux dans ma vie, et que mon petit en profite délicieusement bien !
En un mot : autant les débuts de l’allaitement furent difficiles, aujourd’hui, je n’ai plus envie d’arrêter ! Mais pour en arriver là, on m’a écoutée, comprise, sans essayer de me culpabiliser; et on a cessé de me rebattre les oreilles avec des « il ne faut pas que ». Sans quoi j’en serais aux biberons à temps plein depuis belle lurette !
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Parentitude : Les lubies d’une synesthète qui essaie de faire un bébé
Savez-vous ce qui se passe dans ma tête quand je suis dans une période de ma vie où je souhaite de tout cœur avoir un bébé ?
(Ce qui n’est pas le cas dans l’immédiat, car je viens de faire une fausse couche - le 26 janvier 2008 - et que je compte attendre plusieurs mois, question de me remettre.)
Lubie no 1 (et ses dérivés) : des chiffres et des dates
Dès que j’ai mes règles, je calcule les jours pour savoir quand faire le test de grossesse la prochaine fois mais surtout pour savoir déjà quand j’accoucherais. Parce que la date, tout le monde le sait, c’est ultra important (et non, je me crois pas du tout à l’astrologie, ni à la numérologie) !
D’abord, pas question d’accoucher en décembre, janvier ou février : nous sommes si sollicités ces 3 mois-là, avec un party de Noël ou un anniversaire tous les 2 jours pendant 90 jours, que je ne vois pas où nous trouverions l’énergie – ou tout simplement une heure de libre ! - pour organiser une fête d’enfant.
La date, importante ? Ben quoi, mon fils est né le jour de la Terre (je l’avais prédit pendant toute la grossesse !), le 2e ne pourra tout de même pas naître le jour de la prostate ou des Zones Humides, si ?! J J’ai découvert l’outil absolument indispensable en la matière : le site des journées mondiales. J’ai déjà mes dates fétiches : le 22 mars (après l’enfant de la Terre, l’enfant de l’eau !), le 1er mai (après le bébé écologiste, le bébé syndicaliste !), le 21 juin (... un enfant du soleil ?)... Si j’avais accouché fin août 2008 comme prévu, ça aurait été, bien sûr, le 23 août, date de l’abolition de la traite des esclaves, voyons ! Un enfant de la liberté ? Je le souhaitais ! On est une fille à concepts ou on ne l’est pas !
D’ailleurs, je suis hyper consciente de l’aspect temporel de la grossesse. Je sais exactement à quelle semaine de sa grossesse est rendue ma collègue, à quel trimestre, ainsi que l’écart exact de l’âge qu’auront ces deux enfants... mieux qu’elle, je crois. Je la reprends au besoin. Oups !
... Plein d’autres chiffres inondent mes pensées. La moyenne occidentale du nombre de mois d’essais pour qu’il y ait fécondation est de 10 mois. Une grossesse dure 40 semaines dont 2 où l’on n’est pas enceinte, dans le fond. Les premières 14 semaines sont risquées. 1 grossesse sur 4 s’arrête au premier trimestre. L’écart idéal entre deux enfants est de 2. 3. 4. 5. 6 ans (toutes les théories existent sur ce dernier point... et leur contraire !) Etc. Etc !
Lubie no 2 (et ses dérivés) : des phonèmes et des lettres
Suis-je vraiment en train de me lancer dans la description des critères pour choisir un prénom, critères que nous ressassons pendant les essais, pendant les grossesses, et entre tout ceci ? Ayoye !!!
Critère no 1 : pas trop d’occurrences. En d’autres mots, si je connais deux, voire même un seul enfant qui porte ce prénom... j’hésite. Ça commence simplement, hein ?
Critère no 2 : tolérance (presque) zéro pour certains phonèmes. Exit les d ou t devant u ou i qui, au Québec, deviennent dz ou ts (ces chères affrications, que je prononce sans honte ni gêne, mais qui m’agressent l’oreille dans un prénom). Surtout pas de chr ou gr. Le moins possible de percussives (p, t, k, b, d, g)... Pas trop de terminaisons en ite ou ine. Et pourtant, je trouve absolument charmants certains prénoms qui comportent tous les phonèmes que je viens d’énumérer !
Critère no 3 : la symétrie avec les autres prénoms des enfants de la famille. Disons que Éric et Gwendoline, je trouve que ça jure un peu !
Critère no 4 : pas de prénoms composés. Parce que. Ché pas !
Critère no 5 : j’aime bien les prénoms de trois syllabes, pas une, pas moins. C’est comme ça !
Critères no 6 et no 7 : pas de prénoms inventés ni de prénoms anglophones portés presqu’ exclusivement par des francophones ! (pour démêler ce que je viens de dire... j’adore James, mais Steve, Brandon et Kevin, pas cap’ !)
Critères no 8 et no 9 : préférence pour les vieux prénoms de la francophonie.
Critère no 10 : j’accorde une certaine importance au sens du prénom ou à un personnage célèbre qui aurait porté celui-ci.
Critère no 11 : je me plie aux diktats culturels. Séraphin et Aurore sont de magnifiques prénoms, mais je ne suis pas sadique, quand même ! (Pour les Français qui liraient ceci, sachez que Séraphin est un personnage détesté – le mot est faible – honni, devrais-je dire, de la littérature, de la télévision et du cinéma québécois car il a laissé crever sa femme par avarice; Aurore a vraiment existé et est morte des sévices abominables infligés par sa belle-mère. Bref, ce sont des personnages qui ont marqué au fer l’imaginaire collectif des Québécois !)
***
J’avais déjà prévu, depuis longtemps, vous parler de ces lubies – les miennes, assumons ! - de femme qui essaie de faire un bébé. Je me disais que j’allais écrire : « encore une fois, je suis fuckée » (pour faire suite à l’intro de la catégorie Causes, toujours! J )
Mais voilà, je vois ces lubies d’un autre jour depuis que j’ai découvert que j’étais synesthète. Oui, oui !
Je ne vais pas décrire en détail ce phénomène, sinon pour dire que nous sommes une minorité (1/200 environ) à associer les sens et/ou les concepts aux sensations, de manière irrépressible, et flagrante. Ainsi certains voient les lettres ou les chiffres en couleur, certains autres goûtent les sons et la musique; moi je vois le temps (voir le point 6 de cette note ainsi que les commentaires qui la suivent) !!!
Le rapport entre ce « don » (je préfère ce terme au « trouble » du Robert 1 ! Pff, quand même !) et mes essais bébé ?...
Mon obsession des dates et ma conscience aiguë du temps. Ma mémoire phénoménale. Mon hypersensibilité aux phonèmes et à la graphie des mots. Je ne peux m’empêcher d’expliquer ceci par cela. Ça me rassure, peut-être !
De toutes façons, qu’on me traite de négative (ça m’arrive tout le temps), qu’on me dise de relaxer et de cesser de vouloir tout contrôler (avec son corollaire : « tu ne tomberas pas enceinte si tu y penses trop » – haha, faux 2/2), qu’on me regarde avec ahurissement quand j’ose me raconter, tant pis, car moi... je m’amuse follement !
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Parentitude : L’ADQ et les garderies, silence radio
Je profite du momentum : Lucie vient de publier, le 10 mars 2008, un texte sur les gaga...garderies, et le dernier budget des libéraux du Québec (13 mars 2008) propose de majorer « le crédit d’impôt pour les frais de garde afin de permettre aux familles qui assument le plein tarif des garderies non subventionnées de payer le même prix, au bout du compte, que les parents dont les enfants fréquentent les garderies à 7 $ par jour » (dixit Le Devoir). Et moi, parmi ma liste de 200 textes (au moins) que je souhaite publier ici (!), il y a celui-ci. C’est le moment ou jamais ! J
Revenons en arrière. Avant les dernières élections (printemps 2007), la population québécoise a appris que l’ADQ réclamait « une allocation de 100 $ par semaine pour chaque enfant d’âge préscolaire qui ne fréquente pas un service de garde subventionné » (mot pour mot dans le programme).
Qu’est-ce que vous comprenez de cette formulation, vous ?
Dans les médias et dans mon entourage (la grande majorité de mes amis, mes collègues et ma propre famille), l’interprétation était instantanée : les adéquistes veulent encourager les femmes à rester à la maison avec leurs enfants.
Mais voilà-ti pas que je jase avec un couple d’amis dont un des deux a voté ADQ...
Je me sens TELLEMENT moins monolithique dans ma compréhension du monde depuis que j’ai découvert que je ne fréquente pas uniquement des gens qui votent du même bord que moi et mes proches (lire : Québec Solidaire ou Parti Québécois) ! C’est vrai quoi, vivre sous une cloche de verre ou dans un ghetto idéologique, c’est un peu comme porter des oeillères, non ? J’ai beau faire de l’urticaire au contact de bien des idées de droite, mieux vaut se gratter un peu que de faire l’autruche, mmhhh ? Et puis, chaque fois, c’est pour moi l’occasion de me lancer un défi. Je veux comprendre le raisonnement de l’autre et le confronter au mien. Un bon exercice démocratique entre les deux oreilles !
...pour une raison bien simple : lui a compris que l’ADQ veut offrir un appui financier aux familles dont les enfants fréquentent les garderies privées.
Je n’ai fait ni de une, ni de deux ; je suis allée sur le site de l’ADQ – c’est la même formule qui revient partout, ne m’apportant pas de précision – puis je leur ai écrit afin de savoir laquelle des deux interprétations était la bonne.
C’est vrai quoi : je trouvais la nuance cruciale. Imaginez si mon ami avait voté pour qu’on lui reconnaisse l’injustice de payer plus cher un service de garde alors qu’en fait la promesse tentait plutôt d’encourager sa blonde à rester à la maison ?
Et dans le cas contraire : imaginez si les médias et des tonnes de gens avaient mal interprété l’ADQ ? Sautant trop vite à la conclusion qu’une fois de plus ce que ce parti prônait était « rétrograde » (le mot est beaucoup trop fort, c’est tellement vrai que les mamans à la maison manquent de reconnaissance, mais vous voyez ce que je veux dire)?
Eh bien, tout ça pour dire que... le parti de l’opposition officielle n’a jamais daigné répondre à mon courriel. Cela fait près d’un an maintenant.
Moi qui tentais de garder l’esprit ouvert, j’en suis quitte pour un silence radio...
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Parentitude : Ode aux papas d’aujourd’hui
Je suis fière de ma génération. J’aime ce que nous sommes devenus et ce à quoi nous aspirons. La qualité de vie, et plus particulièrement la vie de famille, est prioritaire; je le sens, je le vois souvent autour de moi (dire tout le temps aurait été exagéré. Il y a plein de gens qui courent comme des poules sans tête après des plans de carrière, des 80 heures/semaine, des airs bêtes et pratiquement pas de temps passé auprès de leurs enfants. J’ai juste l’impression que nous sommes une belle gang à renverser la vapeur !). J’ai envie aujourd’hui de vous raconter comment j’aime l’implication des papas de ma génération.
Des exemples? En voici quelques uns, glanés par ci par là au fil des dernières années. Entrecoupés de photos de mon amoureux et mon fils prises entre Noël 2006 et le printemps 2008. Parce que vous aurez compris que Jef s’implique de façon magnifique dans l’éducation de Léonard. Je les prends souvent en photo, je les trouve tellement beaux ensemble !
En randonnée aux îles de Boucherville, hiver 2007
Une de mes amies, qui a accouché il y a quelques mois, me racontait que son chum a reçu l’autre jour une convocation à un « meeting » pour... 18h30. Je précise qu’il travaille pour une firme de publicité très importante. La réponse qu’il a donnée à sa superviseure ? « À cette heure-là, je donne le bain à mon fils ! »
Je quitte la garderie à pied avec la poussette (et Léonard dedans ! J ). Mon cousin arrive en vélo et installe ses petites puces sur le siège arrière et sur un siège placé entre la selle et le guidon. Ils rigolent tous le trois avant de disparaître au coin de la rue !
Papillons en liberté, Jardin botanique de Montréal, 22 avril 2007 (Léonard porte le t-shirt de la Marche 2/3 2007)
Léonard a un gros rhume : direction CLSC. C’est le matin et mon petit n’est pas le seul balade. Dans la salle d’attente, plein de papas attendent, seuls, avec leur progéniture.
Jean-François Lisée a écrit un texte charmant sur le fait d’être papa dans l’Actualité (je ne mets pas d’hyperlien puisque l’Actualité ne donne pas accès à ses archives – pfff).

Toujours au jardin botanique, auprès d'un minet gris et doux
Les papas sont membres des c.a. et des comités de parents des garderies.
Un ami à moi a fait un bricolage très spécial avec son fils : des mini éoliennes en prévision de la manif anti-Surois à l’hiver 2004.
Concerto pour violon à 4 mains (!)
Une amie enceinte m’a dit qu’elle et son conjoint avaient décidé que c’est le papa qui vivrait le premier peau à peau à la naissance.
Aujourd’hui, sous le magnifique soleil printanier, je me suis arrêtée dans un parc du Plateau avec Léonard. Tant de parents, mamans et papas confondus, y jouaient avec leurs enfants !
Tiens, ça me fait penser... Il y a de plus en plus de mamans qui allaitent. Or j’ai parfois entendu ceux qui aiment moins l’allaitement que cela empêche les papas de s’impliquer autant. Puis-je vous dire que j’en doute ?! Et les bains, les dodos, les jeux, les promenades ? Les papas, je persiste et signe, s’impliquent de plus en plus dans l’éducation de leurs enfants, et ce à tous les niveaux.
Jeux de neige au chalet, janvier 2008
Et je peux vous dire que vivre sa parentitude en équipe, ça m'apparaît aujourd'hui comme un incontournable. Fou de penser que ce n'est pas toujours le cas ! En tous cas, merci Jef !!!
23:30 Publié dans Parentitude | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note








