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Cultures : Tristes tropiques à l’Underground Café

1889013689.jpgIl y a six jours, mon grand ami Gilles m’emmenait voir un spectacle coup de poing dont je m’étais promis de parler ici.  Je n’aurais pas pu deviner que le jour (4 avril 2008) où je prendrais le clavier pour le faire, quatre manifestants seraient tués en Haïti pendant une manifestation dénonçant la pauvreté dans ce magnifique pays, le plus pauvre des Amériques...  

Dire que Gilles m’a toujours admirée pour mes talents lorsqu’il s’agit d’offrir des cadeaux !  Il a frappé dans le mille en m’offrant d’aller voir à la TOHU le Starmania de Berger-Plamondon revisité par la troupe de Port-au-Prince Haïti en scène.

Les textes étaient toujours aussi poignants. Le champ lexical des astres toujours aussi présent (les étoiles, la lune, la voie lactée, le ciel, une aurore boréale ...). Les personnages toujours aussi obsédés par le soleil disparu.  Les artistes sur scène nous ont bouleversés du début à la fin par leurs voix, leur énergie, leur présence, leur talent.   

Un Monopolis tropical ?  Eh oui ! En plus de certains rythmes antillais, certains refrains et même certaines chansons au complet étaient entonnés en créole (on n’a rien perdu si tomates ne rime plus avec automates, si ?!), en particulier Les Uns contre les autres. Pendant cette chanson, Marie-Jeanne accusait le coup de voir son Ziggy avec un amant. Des couples s’enlaçaient un peu partout pendant que le narrateur Roger-Roger, tel un pendu, montait vers le plafond... Mais c’est la phrase « L’Occident ferme ses frontières » qui a retenti le plus fort à mes oreilles.  J’ai pu comprendre que Luck Merville ait fait des pieds et des mains pour faire venir la troupe à Montréal, lui qui racontait avoir toujours chanté les Sans-papiers de Notre-Dame de Paris en regardant droit dans les yeux les spectateurs assis aux premières loges à Paris...

Je ne sais si j’ai envie de rire ou de pleurer quand je pense à ces jeunes artistes vivant dans les pires conditions de vie qui soient – à Cité-Soleil, un bidonville pas comme les autres (tiens, quel paradoxe, ce soleil impitoyable est toujours là !) – ces jeunes artistes, dis-je, qui ont monté ce spectacle avec tellement de fougue.

En fait, je ris.  Là où je travaille, on apprend à s’émerveiller du talent, de la ténacité, de la débrouillardise, de la créativité des jeunes des pays en voie de développement.  Exit la condescendance, bonjour l’estime. De toutes façons, à la fin de ce spectacle, il ne peut rester que l’admiration.

BRAVO !!!!!!

N.B. Mon titre fait allusion à ce livre...