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Léonard/Parentitude : Mes premières rencontres avec mon bébé

Regards Marie-Léonard 2 semaines.jpg

Le titre de ce billet, je le dois à ma superbe collègue Natalie qui m'avait dit un jour alors que j'étais enceinte de Léonard : "j'ai tellement hâte de rencontrer mes enfants !" À l'époque, elle n'avait pas encore rencontré de papa (au moment où j'écris ces lignes, elle est enceinte de son deuxième !), et la formule m'avait marquée. On dit rarement qu'on va rencontrer ses enfants… et pourtant, c'est bien de rencontres qu'il s'agit !

J'ai envie de vous raconter ces rencontres. Celles-ci se sont d'abord faites en début de grossesse, alors que nous étions encore dans l'euphorie à l'idée que "ça avait marché" : puis à la naissance, dans l'euphorie aussi, après six mois de problèmes de grossesse qui s'accumulaient et avaient fini par empoisonner ma capacité d'émerveillement. Par la suite, les rencontres furent des éclaircies éblouissantes en plein baby blues. Des percées de bonheur dont je veux me souvenir à tout prix !!! Et je trouvais important de les mettre par écrit avant de mettre au monde mon deuxième enfant, dans dix semaines…

Fum-fum, fum-gum…

Il y eut donc la première écoute du cœur, la première échographie, et ensuite six mois de grossesse pénibles.

Doux sanglots, douce odeur

Puis la naissance. Étonnamment, moi qui suis très visuelle, mes premiers souvenirs de mon bébé sont auditif et olfactif. Je me souviens de ses pleurs tout en douceur – il ne criait pas, il sanglotait tout doucement; c'était tendre. Et de son odeur. C'était une odeur de sang mais elle n'était pas désagréable (j'aimerais vous dire qu'il sentait le petit gâteau, comme me le racontait une collègue – c'est trop adorable !!!). Ces premiers moments furent très zen, surtout si on les compare aux six mois qui avaient précédé; cela s'est fait dans la musique et dans l'euphorie d'avoir mis un enfant en santé, de poids et de taux de glycémie normaux malgré les prédictions catastrophiques de la Clinique des grossesses à risques élevés ! Sans compter que ce fut Jef qui le premier pensa à soulever une patte et s'exclamer : "c'est un petit Léonard !" (C'est chouette, découvrir le sexe à la naissance ! Surtout que, depuis que la plupart des couples le savent dès la deuxième échographie, le médecin n'a plus le réflexe de dire "c'est un garçon/c'est une fille" lorsque le bébé sort ! Bon, pour le deuxième, nous avons choisi le contraire… nous connaîtrons les deux versions de la chose !)

"Il est tellement beaueaueau !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!"

Quelques heures après la naissance, on nous a raccompagnés à notre chambre. J'ai tenté d'allaiter (mais à cause du protocole de diabète de grossesse, après 10 minutes quelqu'un m'enleva le bébé et lui donna une préparation au gobelet !), nous avons reçu la visite de mes parents, nous avons changé la couche pour une première fois et j'ai finalement pu donner un boire complet. C'est seulement après tout cela que j'ai vraiment vu mon bébé. Nous l'avons déposé sur le lit et regardé tendrement. J'ai eu un choc : je le trouvais tellement beau !!! Je me suis mise à sangloter. On m'avait tellement dit qu'il serait trop gros, souffrant, que sais-je, que j'en avais oublié cette possibilité-là : m'émerveiller devant mon bébé !!! Et quel émerveillement !

Un bonnet dans le brouillard

Les souvenirs des jours qui ont suivi notre retour à la maison se perdent dans une sorte de brouillard. Nuits intenses, fatigue démesurée, allaitement de plus en plus douloureux. Mais aussi visites de l'infirmière et des amis pendant lesquelles j'étais malgré tout euphorique, pratique de chorale avec le petit à 6 jours de vie... Malheureusement, j'ai peu de souvenirs de rencontres durant cette période. Je me souviens vaguement de la jaunisse qu'a eue le petit (c'est bien beau de savoir que le soleil peut en venir à bout de cette jaunisse, mais s'il pleut sans arrêt en cette fin d'avril frileux ???!!!), du fait que nous devions lui chatouiller la joue pour stimuler la tétée, que j'avais une peur bleue qu'il lui arrive quelque chose pendant son sommeil (j'allais lui installer son bonnet pour qu'il ne prenne pas froid, c'est vrai… je revois son magnifique visage dans la pénombre de la chambre). Une nuit, Jef se réveilla en sursaut et se mit à chercher le petit sous les draps… jusqu'à ce que je le rassure, bébé étant dans son lit à lui ! Nous étions tellement perdus, les boires se succédant toute la nuit à un rythme encore plus soutenu que le jour !

Dans les bras des autres

J'arrivais à voir mon bébé quand il était dans les bras des autres; cela me donnait une perspective. Quand ma mère le prenait dans ses bras, je remarquais avec tendresse la mignonne rosette à l'arrière de sa tête. Parfois je surprenais ma mère en train de le dévorer des yeux au-dessus du couffin, et mon réflexe en était un d'étonnement. Je n'avais pas une once d'énergie pour me tenir debout au-dessus de la corbeille pour l'admirer. C'est tellement triste de penser que j'étais dans un tel état que mon corps ne me laissait pas cette opportunité. Pas encore. Un jour où nous étions à la chorale, quelqu'un prit aussi le petit dans ses bras, et j'eus une bouffée de fierté qui m'électrisa. Mon grand ami Gilles le remarqua, bouleversé de voir tout à coup sur mon visage un bonheur d'une intensité tellement fulgurante qu'elle effaçait toute trace du désespoir qui m'habitait depuis des jours.

Co-sieste

Il y a plusieurs raisons qui pourraient expliquer pourquoi je ne voulais pas dormir avec mon bébé. Je ne saurai jamais si le co-dodo aurait changé quelque chose. En tous cas, lorsqu'il eut 8 jours, lors de la fameuse fin de semaine où je tirai mon lait et lui donnai des biberons dans l'espoir de guérir en attendant de rencontrer infirmière et conseillère le lundi matin, j'allai passer une soirée chez ma mère. On le coucha dans le grand lit double, je pris place à ses côtés et glissaimes doigts dans sa main. WOW !!! Je partageai avec lui un beau moment de repos, abandonnés tous deux au sommeil, le temps d'une sieste de deux heures peut-être. Une première complicité, peut-être ? Les co-siestes allaient devenir des moments délectables et privilégiés durant mon congé de maternité, et au-delà.

La force tranquille de ses grands yeux noirs

Lors de la rencontre avec un médecin et une conseillère, à dix jours de vie, on me diagnostiqua les fameuses gerçures-crevasses-muguet-mastite qui empoisonnaient l'allaitement. Ce fut une rencontre stressante (mais surtout fructueuse, la suite le démontrera !!) pour tout le monde, en tous cas c'est ce que je pensais. Alors que la doc était sortie chercher quelque chose, j'allai voir le petit, bien éveillé dans la cocotte de la voiture posée sur une table d'examen. Il regardait autour de lui, calme, serein, à mille lieux de l'atmosphère qui m'apparaissait si tendue. Ses grands yeux noirs brillaient, il poussait des soupirs de satisfaction, baillait puis faisait une drôle de frimousse… Bref, mon petit garçon découvrait la vie avec une sorte de bonhomie tranquille qui me chavira. On nous martèle que notre humeur aura une incidence sur celle de nos enfants, pendant la grossesse et les premiers mois suivants la naissance; moi je dis basta ! Léonard, grand amoureux de la vie, est la preuve qu'une maman angoissée dans les débuts ne gâchera pas nécessairement son existence !!! Non mais !

Le gène du bonheur

Ces rencontres m'ont permis de découvrir que j'avais mis au monde une personne indépendante qui allait faire son petit bonhomme de chemin à mes côtés avec… un gène du bonheur, comme dirait ma tante France ! Au-delà de la torture du manque de sommeil puis des autres tracas physiques que j'ai eus à endurer, je découvrais que malgré tout cela, mon bébé, lui, allait très bien merci ! Santé, bonne humeur, vivacité d'esprit, tendresse, j'avais la chance délirante d'avoir un petit garçon plein de vie ! Parfois, des élans de reconnaissance me foudroyaient – et me foudroient encore. Merci, merci, merci !

Léonard, je suis tellement contente de t'avoir rencontré ! Quatre ans et sept mois plus tard, il n'y a plus de brouillard mais plutôt tellement de soleil que j'en suis éblouie. (Désolée pour ceux et celles qui trouveraient ça cul-cul, mais c'est vraiment ce que je ressens ! Je ne vais quand même pas teinter mon discours de cynisme ou d'indifférence juste par peur de sonner trop "carte de vœux Hallmark", quand même ! LOL) Je ne savais pas qu'être parent pouvait aussi signifier vivre une succession de rencontres marquantes. Mais c'est le cas ! Natalie, tu avais trouvé le mot juste ! ;)

P.S. La photo a été prise lorsque Léonard avait deux semaines. Quels regards tendres s’échangent maman et fiston ! (Vous avez dit que j’ai l’air fatigué ? Ben voyons, ce sont des idées que vous vous faites ! hinhin)

21:25 Publié dans Léonard | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

C'est intéressant, ce concept de «rencontre». Moi, j'avais plutôt l'impression de retrouvailles. Comme si on se connaissait depuis toujours mais qu'on était pas encore ensemble. Trois ans après la naissance de ma fille, quand je la regarde, je la perçois exactement de la même manière que quand elle était dans mon ventre. Je la «sens», et ça, ça sonne encore plus cul-cul qu'une carte Hallmark! LOL

Écrit par : marie-Julie | 27/11/2009

Super intéressant Marieju ! Et ce que tu décris explique peut-être à quel point nous avons réagi différemment à la naissance de notre enfant.

Vive les phrases cul-cul ! LOL

Écrit par : Marie de la Terre | 29/11/2009

Awwww merde tu va me faire pleurer! :) C'est vraiment adorable de lire comment tu as eu des moments sublimes entourés des problèmes frustrants de la grossesse et la suite. Merci de partager tout ca avec nous. (et maintenant, j'en veux trois!)

Écrit par : Laurence | 02/01/2010

Merci chère cousine ! Y'a un ptit côté en moi qui espère avoir touché les gens avec ce texte... Moi qui récolte si peu de commentaires ici (snif) :(

Tu en veux trois ? Trois quoi ? Enfants ? Yippi !!!!! :)

Écrit par : Marie de la Terre | 04/01/2010