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Parentitude : Grosse bédaine célèbre sa victoire sur l’adversité !

Echo_bebe2_13semaines.jpgCela fait des semaines que je n’arrivais plus à bloguer. Fatigue, mal de cœur, brûlements d’estomac, lassitude... C’était pour la bonne cause, mais comme ça me manquait !

Depuis deux jours, un petit être d’environ 17,5 centimètres me fait des petits coucous dans le ventre. À 18 semaines (1er septembre 2009), je le sens déjà ? ! Ça m’a vraiment donné envie de reprendre le clavier.

Rependre la plume pour célébrer cette énième manifestation de la vie qui pousse en moi. Cet énième signe de victoire sur l’adversité !

Avec le recul, d’ailleurs, comment parlerai-je de mon expérience de la maternité, dans quelques années ? Vais-je résumer le tout par les inquiétudes pendant les périodes d’essais, la première grossesse tellement difficile, les déboires du début de l’allaitement, le baby blues sévère, les problèmes post-accouchement culminant avec une chirurgie, les deux fausses couches dont la deuxième s’est terminée à l’urgence ?

Je ne nierai jamais tout cela. Mais aujourd’hui, j’arrive aussi à voir les petites victoires, ou fiertés, ou défis dignement relevés...

... Je trouvais donc que ça me prenait du temps pour tomber enceinte. 6 mois, 6 mois, 4 mois, 1 mois ; je suis tombée 4 fois enceinte et cette fois-ci, du premier coup. De quo relativiser. Je pourrais plutôt me demander pourquoi j’ai vécu ces périodes avec autant d’angoisse... Un indice : je me laisse bien trop impressionner par de petites phrases entendues par-ci, par-là !

... La première grossesse fut – les mots sont de Jef, dont la réputation n’est certes pas de surutiliser l’hyperbole ! – « une vallée de larmes ». Je ne reviendrai pas là-dessus. Mais le plus important de tout, c’est que de cette grossesse est née une personne exceptionnelle qui nous éblouit un peu plus chaque jour, depuis 4 ans et 4 mois maintenant ! Quand je parlais de ma théorie des 4 miracles... Léonard, continuellement, me la rappelle ! Il EST 4 miracles en un, cet enfant !

... Une semaine après l’accouchement, l’allaitement risquait de se terminer en fiasco. C’est vrai. Mais Jean-François a surtout retenu que sa blonde, quoique épuisée, désespérée, en sang, a fait des pieds et des mains pour son fils. Je n’avais pas vu les choses sous cet angle. De ce point de vue-là, je me souviens de m’être rendue d’urgence à l’hôpital pour avoir de l’aide et un peu de ces bouteilles prêtes-à-boire pour ensuite, rassurée devant mon bébé rassasié, d’avoir fait des tas d’appels : location d’un tire-lait, rendez-vous dans un autre CLSC que le mien pour obtenir de l’aide, rencontre avec une conseillère... J’étais si fatiguée que me pencher vers la cocotte de la voiture me faisait voir de larges taches noires, avec un tournis au bord de l’évanouissement. J’aurais pu abdiquer 100 fois. Non. Mon bébé n‘a pas eu faim et il s’est magnifiquement développé, que ce soit grâce à mon lait tiré ou à la formule, puis aux essais aux seins une fois de temps en temps le temps qu’ils guérissent ET le temps que j’apprenne la bonne méthode. Pour finalement allaiter 13 mois !!! J’ai le choix : me souvenir de ces 2 semaines comme de très durs moments ou comme un exemple de ma persévérance, de mon engagement, comme les perçoit mon chum ! Et le fruit de cette expérience, c’est mon texte, qui continue de susciter des réactions positives sur les forums. On me remercie encore pour un billet écrit il y a 4 ans. Je suis ravie que le partage de mes réflexions rende service aux mamans qui ont des difficultés et tentent de trouver le juste équilibre !

... Pour diagnostiquer une dépression post-partum, on parle de plus d’un mois de symptômes. De mon côté, un peu plus de 3 semaines après la naissance, j’allais beaucoup mieux. Je l’ai échappé belle. C’est pourquoi je parle d’un baby blues sévère, car j’ai quand même plongé dans des épisodes de désespoir. Mais un jour, je me suis promenée dans les rues de mon quartier préféré, sous le soleil de mai, avec mon amie Milou, toutes deux poussant poussettes et allant siroter un jus sur une terrasse. La lumière au bout du tunnel ! Quelle est douce cette lumière, je vous jure !!! Bien sûr, cela n’enlève rien au fait que le manque de sommeil a définitivement sur mon système un effet terrible ; et que c’est encore dur pour moi de voir une jeune maman toute pimpante et énergique malgré les 8 boires de nuit des 4 dernières semaines. Je tombe encore souvent dans le piège : « pourquoi moi étais-je si faible, étourdie, en manque d’appétit, peinant à me réjouir de ce que je vivais, voire désespérée ? » Pourquoi, donc ? On frappe tous un mur un jour, parce que le défi qu’on a à relever va chercher ce qui est le plus sensible chez nous. Voilà, je l’ai frappé. Tout en continuant à chanter, à préparer un faire-part de naissance, à prendre des photos, à voir les gens que j’aime. Pis j’ai ensuite trouvé comment passer à travers de ce foutu mur !

... Évidemment, c’était trop beau pour être vrai : 4 semaines après la naissance, les fissures. 4 mois à allaiter coucher, à souffrir le martyr assise dans l’auto, à essayer des traitements qui ne réglaient rien (que de visites à l’hôpital pour voir mon super chirurgien ! C’est mon papa qui m’accompagnait, puis-je l’oublier ?), pour finalement subir une chirurgie (quel stress ce fut pour moi... J’avais apporté mon tire-lait à l’hôpital et exigé d’être opérée le plus tôt possible dans la journée pour retourner rapidement à la maison m'occuper de mon bébé !). J’ai guéri lentement mais sûrement, tout en continuant les traitements chaque matin pendant des mois, même après être retournée travailler. Me souvenir de cela, c’est aussi me rappeler que j’ai passé au travers de cette épreuve-là aussi !

... Quant aux fausses couches, elles m’auront encore plus fait apprécier les moments de grâce que sont les échographies où l’on voit un coeur scintiller (après deux échos où la dame soupire et dit « j’ai bien peur que ce soit une mauvaise nouvelle... »), les écoutes du cœur chez la doc, et depuis hier, les premières fois où l’on sent bébé bouger. Elles m’auront aussi appris à relativiser. Je tenais à un écart d’âge de 3 ans entre mes deux enfants ; je voulais tellement un autre bébé de printemps. Basta ! Ce sera un bébé de fin janvier ou début février, que je le veuille ou non ;), et Léonard aura alors 4 ans et 9 mois. Et vous savez quoi ? Je crois que c’est merveilleux ainsi !

En attendant, je vois les bons côtés à certaines choses. J’ai déjà un ventre de 8 mois à 4 mois ? On me cède déjà la place dans le métro ! Pas de fibrome qui implose à 17 semaines ? C’est autant ça d’évité ! Pas de sushis crus ? Allons-y pour les sushis cuits ! Etc. !

Vous ai-je annoncé la bonne nouvelle ? Je suis enceinte ! :)