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Causes : Une année chanceuse s'est terminée en queue de poisson

L'année 2010 a démarré sur les chapeaux de roues dans ma famille. Ma grande amie Michèle, dont la famille et elle-même nous ont si généreusement accueillis en France en mai de cette belle année, me le faisait remarquer. Allons-y d'une jolie liste de nos chances vécues en 2010 (j'aurais pu écrire, pour la plupart d'entre elles : provoquées par nous ! :) ) – j'y vais en ordre chronologique :

  • Jef a déposé son mémoire de maîtrise à l'automne 2009 et a obtenu d'excellents résultats... et même une lettre du recteur ! Il a ensuite entrepris des démarches pour commencer un doctorat, a obtenu une bourse... et l'aventure doctorante a commencé dès l'automne 2010 ! (Une fois de plus... bravissimo à mon amoureux !)

  • Parlant de l'automne 2009, je l'ai décrit comme une « lune de miel » avec Léonard. Plein de moments complices, des bouffées d'amour, de fierté, de bonheur avec mon grand garçon. Waouh. L'année 2010 a commencé dans la joie avec mon aîné !

  • Enceinte « jusqu'aux yeux », en janvier 2010, j'ai passé une entrevue au travail pour l'obtention d'un poste qui m'intéressait vraiment beaucoup (alors même que le poste que j'occupais me motivait déjà pasionnément)... et je l'ai obtenu ! J'étais si fière de me donner ainsi un nouveau défi professionnel plein de belles promesses ! Nous étions conscients que cela signifiait un retour au travail à 5 jours/semaine après le congé de maternité, mais avons progressivement mis en place plusieurs mesures pour alléger la to-do-list de la Famille de la Terre en prévision de ce retour au travail avec un jour de plus par semaine - mais aussi un peu plus de sous (enfin !).

  • Après des mois d'essais vécus dans une certaine angoisse et deux fausses couches (voir entre autres ici), non seulement je suis retombée enceinte, mais j'ai mené à terme cette grossesse et, malgré certaines difficultés semblables à celle de 2005 (re-diabète gestationnel sévère), cela s'est relativement bien passé. Avec au bout la naissance d'une personne formidable, bébé Philémon. Pétant de santé, regards heureux, enthousiaste et affectueux ... Un autre grand amour venait de se nicher dans notre vie en ce 01.02.2010 (notez la date palindrome !) !

  • Forte de tous ces bonheurs, j'ai plongé tête première dans ce congé de maternité avec bonne humeur, positivisme et des tonnes de projets en tête. Dont deux en particulier se sont réalisés – et quels projets : un voyage d'un mois en Europe et un autre... en Inde, tous deux AVEC les enfants, bien sûr ! :)

  • Nous avons obtenu une place dans un Centre de la Petite Enfance pour Philémon dès ses 6 mois. (Il n'était pas question qu'il fréquente ce CPE à temps plein à cet âge – le gouvernement ne me payait pas un congé de maternité pour me séparer de mon enfant toute la journée, quand même ! Et puis j'allaitais et venais à peine d'introdure les solides, alors Philémon y moi y sommes allés chaque jour une heure, puis deux, il y est allé peu à peu seul (maman en profitant pour aller prendre un bon allongé décaféiné et écrire un peu, deux bonheurs combinés ! :)), puis des demi-journées en décembre et des journées complètes dès le début de janvier. Non seulement c'est une CHANCE d'obtenir une place aussi facilement, mais en plus, le centre est sis dans le même immeuble que l'école de Léonard - tout un bonus pour la qualité de vie au quotidien ! -, et tenez-vous bien, nous sommes tombés sur des éducatrices exceptionnelles, un directeur extraordinaire et une cuisinière hors-pair ! Rien de moins ! :)

N'est-ce pas que ce fut une année chanceuse ? Une année placée sous le signe de la vie, des petites et grandes joies, des petits et grands bonheurs ?

Nous les avons toutes dégustées, savourées, célébrées, ces chances !...

...

Un an après la naissance de Philémon, je prends ce matin mon courage à deux mains pour écrire (alors que l'écriture me manque et que les idées font des feux d'artifice dans ma tête, cela fait deux mois que je n'ai pas eu le « ressort » nécessaire pour rédiger un seul billet). Écrire en attendant de voir mon médecin. Pour discuter avec elle d'un éventuel retour au travail je ne sais quand. Parce que je suis en congé de maladie depuis la fin de mon congé de maternité. Je peux parler au minimum... d'épuisement. (Note post-rencontre avec la docteure : congé prolongé d'un autre mois. Ouf !)

Un burn-out maternel, est-ce que ça existe ? En tous cas, cela fait plusieurs semaines que Philémon fréquente la garderie toute la journée (et il le fait comme un champion ! :) ) pendant que moi, qui avait comme objectif de « refaire le plein d'énergie et prendre soin de moi » pendant ce congé de maladie, je peine à faire autre chose que... dormir. Je donne le meilleur de moi-même lors du « rush » du matin avec les deux enfants, puis lors de celui du soir. Je regarde arriver la nuit avec espoir et bonnes ondes... et fais le nécessaire lorsque Philémon se réveille. Car il se réveille la majorité des nuits encore à près de 13 mois - et ce même si, depuis début décembre, j'applique le système du 5-10-15, ne lui donne pas à boire et ne le prends pas dans mes bras. Je me lève pour m'occuper de lui à l'aube. Je cours les rendez-vous médicaux – depuis décembre, trois infections des voies respiratoires pour Philémon, un streptocoque et une sinusite pour moi, de la forte fièvre pour Léonard, un tas d'autres petits pépins que je ne listerai pas ici, ainsi que des rendez-vous annuels, des rappels de vaccins et des rencontres avec une psychoéducatrice, etc.

Mais à part ces moments intenses de responsabilité parentale, kapout, niet. Pas le oumf ! nécessaire pour faire quoi que ce soit.

Pour vous dire franchement, la fatigue a fortement teinté les deux premiers mois de 2011 chez les parents de la Terre.

On recommence à peine à préparer des soupers nous-mêmes; et après avoir jeté tout le contenu de nos deux petits congélateurs pour cause de portes mal fermées (grrr), on a dû se rabattre longtemps sur des raccourcis. D'abord pour les repas de Philémon – vive les petits pots industriels ! -; l'alimentation du petit n'a pas changé pendant deux mois, car je n'avais pas la patience de recommencer chaque jour à tenter de lui faire découvrir de nouvelles textures et des petits morceaux de ci et de ça, le tout se retrouvant immanquablement par terre. Heureusement cela a débloqué récemment et il mange un peu plus de nos propres aliments chaque jour... Je me sentais mal de lui donner des repas dignes de ses huit mois alors qu'il en avait onze ! Enfin ! Raccourcis aussi pour nos repas et les lunchs de Léonard – sauces, soupes, pizzas d'épicerie. Un merci tout particulier d'ailleurs à ma mère pour les bons soupers chauds maisons et à ma belle-mère pour un cadeau de Noël miraculeux - de bons petits plats d'une traiteure hors-pair !

Mais cette fatigue n'a pas seulement eu un impact sur notre alimentation, loin s'en faut ! Ainsi, on a annulé toutes nos fins de semaine au chalet (j'ai tellement l'impression de jeter de l'argent par les fenêtres... le loyer mensuel et l'électricité pour un chalet au bord du fleuve, c'est de sous, ça !) parce qu'on n'arrive pas à trouver l'énergie pour faire les sacs le vendredi soir. Lorsque ma mère m'a demandé, fin janvier, pourquoi nous n'avions toujours pas sécurisé les portes d'armoires de la cuisine – Philémon est un Grand Aventurier – je lui ai répondu : « pour la même raison que l'arbre de Noël n'est toujours pas défait ! » Alors je tente d'oublier les tas de vêtements pour enfants trop petits ou encore trop grands qui s'amoncellent, les plats de compost qui s'accumulent sur le balcon arrière – ouch, il fait au-dessus de zéro degré celsius, aujourd'hui ! -, le cadeau d'anniversaire de Philémon toujours pas trouvé, etc., etc. Et je ne vous parle pas de plusieurs de ces beaux projets que je caressais pour le congé de maternité. Ceux-là, ils sont sur la glace... ou plutôt enterrés dans le... permafrost ?!

Le permafrost ? Meuh non, quand même ! :) J'ai toujours su que l'énergie, le moral, l'élan qui nous permettent d'accomplir des choses, allaient revenir, même partiellement. Tranquillement pas vite. Ces temps-ci, nous célébrons de petites victoires : le sapin de Noël défait juste avant que février n'arrive (!), des repas cuisinés, des plats pour le lunch au congélateur, des soucis adminstratifs qui traînaient et sont en voie d'être réglés; deux premières sorties en amoureux en treize mois grâce à la présence de deux personnes à la fois pour garder (compte tenu de l'attention et l'énergie requises pour s'occuper de nos deux enfants, ce nombre est nécessaire. Un énorme merci à Marielle, Mahinda et Laurence !). Et j'arrive même enfin, certains soirs, à aller chercher les deux enfants toute seule. Bref, des petits collants dans mon/nos cahiers ! :)

Je ne suis pas encore suffisamment fonctionnelle pour reprendre des activités qui auparavant faisaient partie de notre train-train quotidien (pour certaines d'entre elles, une simple tentative... et la réalité frappe. Ouch !), mais ça s'en vient. Alors, moi qui ai carburé à l'espoir pendant ces treize mois, je sens que les temps meilleurs approchent. En attendant, je veux écrire encore et encore – quel bonheur c'est pour moi ! - en particulier pour comprendre cette fatigue qui s'est insinuée en nous; pour faire le bilan des projets 2010; pour discuter de l'ancienne mode de la pensée positive et de la nouvelle tendance, le réalisme; pour assumer mon « horloge à gauche » (j'ai enfin retrouvé ce que j'entendais par là – ce titre de billet est dans ma liste depuis si longtemps ! :); et pour aborder bien d'autres sujets, je l'espère.

Contente de te retrouver, blogue ! :)

 

N.B. J'ai choisi d'archiver ce billet dans la catégorie « causes » car il a déjà été question de moments difficiles surmontés dans cette catégorie, comme ici. J'aurais pu l'archiver plutôt dans parentitude, mais il m'a semblé que ce n'était pas aussi approprié.